« Pause »

Look blanc crème - Estelle Some Place Called Home

Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti l’urgence d’écrire sur une thématique autre que la couture ou la mode : le bien-être ! Il y a quelques jours, j’ai été arrêtée car j’avais des maux de crâne et me sentais un peu fébrile. Appendicite, virus ou stress (j’en ai eu beaucoup ces trois dernières semaines), le médecin a bien été incapable de le savoir (si je vous écris ces lignes, c’est que la piste appendicite a été écartée. D’ailleurs, ce n’est même pas l’objet du billet).

L’objet : les rares fois où je tombe malade, surtout pour cause de maux de tête, mon esprit ressent l’irrépressible besoin de faire le bilan. C’est l’effet principal de ces moments où je suis contrainte (oui, l’usage du terme est tout à fait celui qui me vient à l’esprit… c’est-à-dire si la situation est grave!) de me mettre sur pause. Rester au lit, voire sur le canapé. Eviter de scroller sur mon téléphone. Eviter de travailler. Eviter de regarder une série. Bref, vraiment me mettre sur pause.

Alors voilà, ce billet a été initié par un constat assez alarmant : je ne sais plus me mettre sur pause. Je ne sais plus « ne rien faire », buller, zoner. Juste être là et ne rien faire. Quand je dis « rien », c’est évidemment : ne pas me distraire par la télévision, mon portable, une série. Juste être là, allongée ou assise, à me reposer, me détendre, mettre mon cerveau et ses milliers de projets en tête sur le mode « STOP ».

Franchement, et j’ai un peu honte, je n’arrive pas à me rappeler un moment, disons en 2019, où je n’ai rien fait. Genre vraiment rien fait. Comme si je chaque moment propice au repos devait être autre chose. Par exemple, nous avions la chance de partir en vacances dans le Luberon cet été : lorsque j’étais au bord de la piscine, loin du blog et d’Apolline, je me renseignais sur l’arrêt du sucre. Emmagasiner un maximum de connaissances. Puis je pensais aux nombreux projets que je pourrais mettre en place. Je ressentais tellement l’urgence et la hâte de m’y mettre. J’aurais pu contempler le cliquetis de l’eau, mon chéri faisant des brasses dans la piscine, la nature, ma respiration… Non, je suis toujours dans le futur avant d’être au présent.

Mon problème ? Peut-être le vide (dans le sens : « quand on n’est pas affairé à quelque chose »). Et la peur de manquer de temps.

Look blanc crème - Estelle Some Place Called Home

Le vide : comment l’apprivoiser ?

C’est l’une des questions que je me suis posée pendant mon arrêt de travail. Comment apprivoiser le vide ? Parce que vous voyez, je fais partie de ces personnes qui certes ne savent pas s’arrêter, mais éprouvent aussi le besoin de meubler l’espace sensoriel. Par exemple, rares sont les fois où je suis chez moi en silence. Comme si j’avais besoin de mettre la musique ou la télévision pour avoir un fond sonore auquel je ne prête même pas attention, mais qui est là. Juste là.

Le souci ? Le cerveau capte tout. Il absorbe. Et ces derniers jours j’ai le sentiment d’avoir grandement besoin de faire le vide. De ne plus être parasitée par tous les bruits. Paris n’est pas la ville adéquate pour ça. Et je commence seulement à comprendre les personnes qui ne se voient vivre ailleurs qu’à la campagne. Pouvoir sortir dans un jardin sans entendre (au choix) les cris / alarmes / vrombissements des motos ou des voitures. Le bruit fatigue.

Les écrans, aussi. Je lisais d’ailleurs une interview à ce sujet : aujourd’hui, nous sommes constamment divertis, grâce au téléphone, qui arrive au premier rang. On s’embête dans le bus ? Et si on regardait son téléphone ! Même devant la télévision, on pratique le double-écran. Non pas que ce film est ennuyant, mais je ne suis pas actif : alors je converse sur ce film, via mon smartphone, ou autre chose. Les écrans meublent le vide. Et j’avoue que parfois, je tenterai bien une digital detox. Garder mon téléphone uniquement pour d’éventuels appels. Pour le moment, vous avez peut-être vu que j’ai temporairement fermé les réponses aux stories, pendant une semaine, pour faciliter cet éloignement 🙂

Ainsi, je ne serais plus disponible H24. Quand je dis disponible, je ne parle pas uniquement d’Instagram. Mais aussi des mails pro qui, lus sur un téléphone à 21h, appellent parfois à l’action, en tout cas au stress et à l’inquiétude.

Ce week-end, j’ai essayé de m’ennuyer. J’ai posé mon téléphone dans l’autre pièce pendant deux heures, et j’ai pris le temps de me poser, là, sans aucun objet pour me divertir. Juste mes pensées. A la rigueur un livre, pour me calmer plus longtemps. J’ai fait des exercices de relaxation, via la respiration. Bref, j’ai essayé de ralentir le rythme.

La peur de manquer de temps

Me confronter au vide m’a permis de comprendre ce que l’inaction provoquait en moi : la peur de manquer de temps. Dans un futur proche, la peur de manquer de temps pour terminer tous mes projets en cours. Mais peut-être aussi, à plus long terme, la peur de manquer de temps tout court. De vouloir profiter de tout, croquer la vie à pleines dents, comme si je prenais conscience ces derniers mois de sa finitude. Même si c’est dans de nombreuses années. Juste la conscience que la vie doit être vécue à 300% et plus à moitié, sur la réserve.

***

Ce billet de blog est peut-être un peu décousu, mais c’est aussi l’état de mes réflexions. Si vous avez une expérience similaire, n’hésitez pas à la partager, ainsi que vos conseils et d’éventuels ouvrages qui vous ont permis d’avancer !

À bientôt,
Estelle

PS : mon manteau vient d’une ancienne collection Pablo (il y a 4 ans) ; mon pull de chez Des Petits Hauts et ma jupe plissée La Redoute (en soldes).

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Estelle
Estelle

Je suis Estelle, fondatrice du blog Some Place Called Home et créatrice des patrons de couture Apolline Patterns. La couture a été une vraie révélation et m’a permis de redonner un sens à ma vie. Plus qu’une activité créative, elle est aussi une manière d’appréhender la mode de manière différente : raisonnée, mais toujours tendance ! Bienvenue et belle découverte du blog !

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2 Commentaires

  1. Julia
    12 janvier 2020 / 16 h 52 min

    Bonjour,
    oui, c’est un vrai challenge d’être dans le moment présent. On cherche tellement à se réaliser ou à correspondre à une image qu’on se fait de notre vie, à multiplier les injonctions.
    Mon enfant en bas âge m’a appris la slow Life, le moment présent, le lâcher prise et l’écoute Active car c’est dans cet espace que notre relation est fluide et satisfaisante et que tout se fait simplement. Des que ça se crispe en nous, il suffit d’observer mon climat intérieur pour comprendre ce qui l’agite.
    Sinon, je me suis mise au yoga et à la méditation, notamment via des exercices de respiration et de concentration : pranayama et tatrak (bref, l’objectif est de travailler sur les chakras). Concept exotique (on adhère ou pas) mais rudement efficace sur le corps et l’esprit me concernant.
    Prenez soin de vous !

  2. Geneviève
    13 janvier 2020 / 8 h 56 min

    Notre monde actuel est fondé sur l’efficacité et la rapidité et nous nous sentons contraints de suivre le rythme « imposé ». Il faut donc beaucoup d’énergie ou d’anti- énergie pour se poser et ne pas agir ou être sollicité. Je pense de plus qu’ être blogueuse accentue ce phénomène car on se sent sous pression de fournir du contenu, photos et écrits. Apprécier les moments présents, ne pas faire trop de projets, ne pas s’imposer de contraintes inutiles, ce sont les aspects de ma vie que j’essaie de développer. J’ ai aussi la chance de ne pas aimer les séries, d’ adorer lire et de privilégier la marche pour mes déplacements. En revanche, je suis trop attirée par mon téléphone et ses informations. A travailler !
    Une belle franchise dans ce billet et si je vous lis avec plaisir je comprendrai votre salutaire mise- en- pause avec des parutions moins fréquentes.

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