Ce jour où j’ai passé les 28 ans…

Lorsque j’ai commencé la rédaction de ce billet, je n’avais vraiment aucune idée de la tournure qu’il allait prendre. Allait-il être complètement déprimant, plein d’optimisme, mi-figue, mi-raisin ? Honnêtement, c’est bien la première fois que cela m’arrivait ! J’écris souvent au fil de l’eau, à mesure que les pensées traversent mon esprit, mais je sais toujours plus ou moins ce que je veux d’un billet.

Là, pas du tout.

J’étais totalement pétrifiée à l’idée de faire un billet « badant », façon Journal Intime de Bridget Jones – ce qu’a posteriori, il n’est pas, vous allez comprendre…

Back to the beginning…

Depuis aussi longtemps que je me souvienne (peut-être pas tout à fait, je suis un brin marseillaise dans mon exagération), les 28 ans ont été, dans mon imaginaire de petite fille, une date butoir. Un véritable CAP. Un âge REPÈRE. Ce moment où TOUT allait basculer. Ce moment où je passerai définitivement de la vie d’enfant à la vie d’adulte. Pourquoi 28 ? Sans doute parce que j’aimais beaucoup les chiffres pairs, et que le 30 me faisait un peu peur. À l’époque, 30 ans, c’était carrément un autre monde. Ceux qui étaient passés « de l’autre côté ».

Je me suis donc construite avec de méga-ambitions pour mes 28 ans. Un peu du style de la Rolex avant quarante ans. À 28 ans, ma vie devait être toute tracée. Quand je pensais à mes vingt-huit ans, j’en avais 14, 19, 23. 28 ans me paraissait terriblement loin, « vieux », adulte quoi. À 28 ans, on ne pouvait plus déconner. On devait commencer à penser « sérieux ». Boulot sûr et bien payé, mariage, enfant, vacances d’hiver et d’été assurées chaque année.

Ce que je n’avais pas vu venir, à l’époque, c’est que les générations allaient pas mal évoluer, et qu’appliquer le schéma des parents et grands-parents allait être tout simplement impossible. J’ai un Bac+6 : après une année de prépa littéraire et cinq années à Sciences Po, je sortais fraichement diplômée à 24 ans. On s’est pris, entre temps, une bonne crise économique, qui a pas mal chamboulé nos perspectives d’avenir. Entre 24 et 25 ans, j’ai enchainé les stages, en espérant pouvoir décrocher enfin LE saint-Graal que constitue le premier boulot. Aujourd’hui, j’ai 28 ans, j’en suis à mon deuxième job. Mon salaire est correct, mais pas de quoi fouetter une mouche. Je dois toujours choisir entre partir au ski 3 jours et partir une semaine l’été. Je suis encore à -300€ dès le 20 du mois. Je m’imaginais rédactrice en chef de Vogue, je fais aujourd’hui la babysitter de journalistes en quête de sujets à réaliser (les attachés de presse et chargée de com’ parmi vous comprendront 😉).

Côté coeur, pas de bague au doigt et un ventre qui ne s’arrondit pas, sauf après un bon burger-frites. 6 années de prémisses houleux dans la jeune vie d’adulte, qui se sont heureusement et merveilleusement bien terminées avec la rencontre de L’Amoureux, il y a bientôt 4 ans.

Mais mince, j’ai 28 ans. C’est il y a trois mois seulement, au détour d’une conversation avec ma collègue, que cela m’a frappée. J’ai mis fin à la phase de déni dans laquelle j’étais entrée.

– « Ça va te faire quel âge ?« 
– « Euh, 27 je crois. Attends, 1990, 2018. Oh mais non, 28. » (émoji pétrifié)

Pendant une semaine, j’ai clairement déprimé. Une bonne partie de ce que j’avais imaginé ne s’est pas déroulé comme prévu. CAR OUI, vous le savez peut être maintenant, j’aime planifier. Me mettre des échéances. A une époque, j’aurais pris le fait de ne pas les remplir comme un échec. Plus maintenant heureusement.

Show must go on

La semaine de « cuite » passée, j’ai commencé à relativiser. Show must go on.

Allez, 28 ans, ce n’est pas SI dramatique. On en parlera à 30 ans. Combien de personnes sont mariées dans mon entourage ? Quel âge ont-elles ? Des bébés en route ? Finalement, très peu, ils se comptent sur la moitié des doigts d’une seule main. Enfin, à peine. Je n’ai pas le job de mes rêves, le salaire de mes rêves, la bague au doit ou le baby dans le couffin, mais je suis quand même ASSEZ FIÈRE de ce que j’ai pu accomplir en l’espace de 28 ans.

ET C’EST LÀ que ce billet qui s’annonçait totalement déprimant devient carrément positif. Car planifier, c’est bien, vivre, c’est mieux. J’aurais pu vivre « according to the plan« . Mais quand je me regarde dans le miroir, je ne sais pas si par exemple, je suis prête à avoir un bébé dans les 11 mois qui arrivent (bah oui, les 28 ans ne font que commencer). J’ai tellement de projets motivants et épanouissants en cours que j’ai aussi envie de profiter. Profiter d’être à deux aussi, de vivre des moments épanouissants. Je me complais dans mon job actuel car le rythme y est agréable (sauf ces trois derniers mois), la proximité à mon domicile parfaite, les relations humaines de bonne composition, et qu’il me permet de développer un autre bébé. Ce blog, avec tout ce qu’il m’apporte, me rend sincèrement heureuse.

Il faut lâcher du lest. Quelle est la valeur, après tout, d’une échéance fixée à l’aube de ses 14 ans ? Qu’est-ce que je savais de la vie, de ses difficultés, des aléas, à l’époque ? Pas grand chose. Aujourd’hui, je me sens bien dans ma tête, bien dans ma vie. Même si je n’ai pas, à 28 ans, la vie que je m’étais imaginée, celle que je vis est tout aussi précieuse !

Estelle
xoxo

Partager:

24 Commentaires

  1. Ludiva
    10 décembre 2018 / 13 h 34 min

    Joli message. Qu’ils sont loin mais 28 ans … C’est vrai nous faisons tous des projets d avenir et ils se réalisent ou pas. Mais je crois que tu peux être fière de toi , je te connais à travers ton blog et je sais que tu es une belle personne et ça c’est une réussite et tu es sur la bonne voie

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 19 min

      Hello !
      Merci beaucoup pour cette bienveillance 🙂 Je crois que le plus fondamental est de vivre au moment, en accord avec ses valeurs, ses envies et convictions !
      À bientôt,
      Estelle

  2. Martine16
    10 décembre 2018 / 14 h 41 min

    Photos carrément craquantes, tu es devenue au fil des jours une belle jeune femme avec une tete bien pleine mais bien faite.
    Si tu n’as pas toujours voulu ce que tu as eu, il me semble aujourd’hui que la vie te sourit… Bien entourée, famille, amis, bien accompagnée par un chéri qui soutient tes projets, même les plus audacieux, tant il est vrai que tu ne te reposes jamais sur tes lauriers, (meme si nous tes parents avons été prompts à te tresser une couronne).
    Il faut vivre, au jour le jour si possible, c’est un grand luxe, d’expérience on se rend compte que même si on « programme » des choses, la vie fait parfois ce qu’elle veut ! mais avec un regard positif et ouvert, ce ne peut etre que profitable ! Belle vingtui-ième année, Bon anniversarire.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 35 min

      Hello Maman !

      Et oui, un peu de nostalgie dans ces photos. Je trouvais aussi celle déguisée trop marrante avec le « Show must go on! ».
      Je suis effectivement ravie de la tournure que prend ma vie, désormais, après toutes ces années houleuses. Et d’avoir le bagage nécessaire, intellectuellement, psychologiquement et émotionnellement pour l’affronter avec optimisme et passion.

      Merci à vous <3 !

  3. Julia
    10 décembre 2018 / 16 h 24 min

    Très touchant ce regard dans le rétroviseur et le mot aimant des parents. Toute une vie pour apprendre à s’aimer tel qu’on est, lâcher nos projections et être tout simplement.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 36 min

      Hello Julia,

      Comme tu le dis : être, tout simplement !
      À bientôt,

  4. 10 décembre 2018 / 22 h 01 min

    Je me reconnais tellement mais tellement dans ton billet, j’aurai 28 ans en février et moi le coup de massue a eu lieu pour mes 27 ans. Pas de mariage en vue, ni d’enfants, un travail correct qui me convient, une vie amoureuse parfaite depuis un peu plus de 5 ans. Alors oui j’ai envie d’avoir des enfants, de me marier etc etc mais ça viendra quand ça viendra et ça prendra le temps que ça prendra. C’est dur, parfois je me dis que je devrais aller plus vite accélérer certaines choses mais non finalement je n’en ai pas envie, ça serai juste pour faire plaisir à la société, à mon entourage. Chaque chose en son temps et merci à toi pour cet article qui résonne vraiment en moi ❤
    Bises, Adeline

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 37 min

      Bonjour Adeline,

      Merci pour ce partage de ressenti et d’expérience ! Je crois que l’on est nombreuses à se trouver dans cette phase de contradiction, entre l’envie de concrétiser un amour qui dure et nous remplit de joie, et l’envie de conserver sa liberté, son indépendance, de suivre ses passions.
      Alors, vivons à notre rythme. La société nous attendra !

      À très bientôt,
      Estelle

  5. 10 décembre 2018 / 22 h 39 min

    Très touchée par ce post. Très belle photo !!! Tout est dit, compris. C’est bizarre ces âges qu’on se met en tête. Pour moi c’était 55, j’avais l’impression qu’après on était vieux,ils sont passés depuis 11 ans, rien n’a changé vraiment, et je n’ai plus d’âge butoir, pour le moment… Pour les enfants, pas de soucis, certaines ont leur premier après 45 ans ! Il reste de la marge. Bonne route !

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 39 min

      Merci beaucoup, tout cela est sorti du coeur, comme sur un fil. Un ressenti à un instant T !
      Je prends note de cette sagesse face à l’âge, et envisage désormais mes 28 ans plus sereinement !

      À bientôt,
      Estelle

  6. 11 décembre 2018 / 8 h 40 min

    Pour moi, la sensation du compte à rebours, je l’ai eu dès l’âge de 18 ans. J’aurais 27 ans en février prochain et pffiouuu. Je prends un coup de vieux.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 42 min

      C’est effectivement très tôt ! Il faut apprendre à se réconcilier avec tout ça 🙂

  7. 11 décembre 2018 / 11 h 05 min

    Je me souviens de la panique à bord début janvier de l’année de mes 28 ans. Début janvier, c’est le premier anniversaire de l’année, celui d’une copine d’enfance avec qui j’étais à l’école, et forcément me dire « elle a 28 ans, et mois c’est dans deux moiiiiiis ! » : la claque !
    Je n’avais rien projeté. Heureusement ! mais ça m’a pas mal chamboulé. Les 30 ans ? peanuts. Le vrai seul questionnement était grossesse ou no kid ou à vie ?
    En 2019, j’aurai 40 ans, et ça me laisse de marbre. Finalement les 28 ans étaient bien plus flippants..

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 48 min

      Hello,
      C’est marrant de constater que nous avons toutes les deux vécu cette « panique à bord ». Je vois que vous êtes parvenu à surpasser ce « chiffre » qui croit chaque année, comme s’il était inscrit sur notre front ! Et ça donne la patate 🙂

      À bientôt,
      Estelle

  8. 11 décembre 2018 / 12 h 11 min

    C’est marrant moi aussi, après 27 ans, je ne voulais plus vieillir !
    Aujourd’hui 31 et un tas de regrets !
    Mais, je n’ai pas dit mon dernier mot 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      11 décembre 2018 / 12 h 49 min

      Le principal est alors de contourner ces « regrets » en nouveaux projets 🙂
      Bon courage dans ceux-ci !

      À bientôt,
      Estelle

  9. 11 décembre 2018 / 18 h 27 min

    Coucou ! Déjà la photo de mise en avant de ton article est magnifique, j’adore ces ballons « nombres » 🙂 Et puis bon, sincèrement je pense que tu arrives dans une des meilleures périodes de la vie, où tu sais plus ce que tu veux que quand tu étais ado, où tu as aussi plus les moyens de réaliser/te rapprocher de tes rêves… Profite de ta vie à fond en tout cas ! A bientôt 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      13 décembre 2018 / 10 h 48 min

      Hello !
      Merci, j’adore la Galerie Vivienne, c’est si beau 🙂
      Je te rejoins parfaitement : j’ai l’impression, quand même, d’arriver à l’âge d’OR !

      À bientôt,

  10. 11 décembre 2018 / 21 h 03 min

    Ton article est si beau !
    Je te rejoins sur plusieurs points et je te trouve trop chou sur toutes les photos.

    Je te souhaite beaucoup de bonheur <3

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      13 décembre 2018 / 10 h 50 min

      Merci beaucoup, je suis ravie qu’il t’ait plu !
      À bientôt,

  11. 11 décembre 2018 / 22 h 49 min

    Je te découvre seulement aujourd’hui mais merci pour cet article empli d’optimisme ! Je vais avoir 28 ans dans 3 mois. Et je dois dire que cela me fait peur. Comme à chaque fois que j’ai un an de plus, et ce depuis mes 25 ans. Le besoin d’accomplir des choses, de m’accomplir m’obsède quelque peu… Mais je pense savoir où je dois aller, où je me sens le mieux. Je sens que la sagesse ne va bientôt plus tarder 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      13 décembre 2018 / 10 h 52 min

      Hello !
      C’est un besoin tout à fait naturel, puisque la société nous élève dans celui-ci 🙂
      Alors, il faut s’en détacher et vivre à son rythme, l’accomplissement arrivera de lui-même !

      Bonne route sur la voie de la sagesse 🙂
      Estelle

  12. 15 décembre 2018 / 12 h 45 min

    Un bien joli billet finalement plein de positivité ! j’ai 27 ans et je suis totalement PANIQUEE à l’idée de m’approcher des 30 ans…comme tu l’as si bien dit : 30 ans on passe carrément « de l’autre côté », mais enfin, la vie est ainsi ! On fera avec 🙂 !

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      19 décembre 2018 / 9 h 22 min

      Oui, je reste positive et 9 jours après avoir passé mes 28 ans, j’avoue être plutôt sereine ! Je n’ai plus du tout la pression que j’ai pu avoir du « cap » 28 ans !
      Show must go on 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Instagram
67   609
295   1693
16   472
26   700
30   622
30   505
61   659
41   687