Ce jour où j’ai arrêté le Happiness Project…

SIX MOIS. J’aurais donc tenu six mois, douze divisé par deux, la moitié d’un an, bref, la moitié de ce qu’était censé durer le Happiness Project. Alors, bien entendu, j’aurais pu noyer le poisson de cet ABANDON, mais j’ai décidé d’en faire un article. Pourquoi ? Parce qu’en arrêtant le Happiness project, j’ai choisi de VIVRE le bonheur plutôt que de le PLANIFIER mathématiquement, à grand renfort de listes et de cases à cocher.

Alors voilà, en ce jeudi 5 avril, le Happiness project inspiré du livre de Gretchen Rubin prend officiellement fin. Je tenais tout de même à vous livrer les enseignements que j’en ai tiré 🙂 !

Pourquoi j’ai arrêté le Happiness Project

Pour la simple raison que ce défi était, au quotidien, trop contraignant. Se donner des tâches à réaliser chaque jour, aussi petites et insignifiantes soient-elles, était trop lourd, et j’ai tout simplement abandonné.

Lors du premier mois déjà, celui consacré à l’amour, qui est au final celui dont je garde le meilleur souvenir, j’avais eu quelques doutes en ma capacité à tenir le coup. La to do list des choses quotidiennes était assez dense : cinq preuves d’amour par jour, faire quotidiennement attention à ce que je pouvais dire, tant par les mots que le ton utilisé, mentionner des projets futurs, prendre sur moi à chaque fois que quelque chose n’était pas fait comme JE le voyais…

Faire tout trop parfaitement

En fait, j’avais l’impression que la Happiness projectme poussait à être une personne très parfaite qui fait tout très parfaitement. Une personne à laquelle on n’autorise pas de petites sautes d’humeur, par exemple. Car oui, même si préserver mon couple est ma priorité n°1, je ne suis pas à l’abri de m’énerver, de râler parce qu’il laisse la vaisselle AU-DESSUS du lave-vaisselle alors qu’elle serait bien mieux à l’intérieur. Je me voyais mal lisser cette personnalité, puisque finalement, je râle, mais on finit vite par en rire car ce sont des broutilles. On ne joue pas notre relation sur la position géographique de la vaisselle 🙂

Les mois suivants – consacrés à booster sa vie sociale, être plus heureux chez soi, adopter une attitude positive à toute épreuve, j’ai eu le même sentiment. Le sentiment de me faire autre car j’ai pensé, à un moment de ma vie, celui où je me suis lancée dans le Happiness project, que je serais plus heureuse si je voyais plus de monde, si j’étais toujours positive, etc. Après six mois, je peux constater que je n’étais surtout que très peu moi.

Ce que le Happiness Project m’a appris

Je ne dis pas que tout est à jeter dans ce Happiness project, loin de là. Si celui-ci m’a permis une chose, c’est de mettre par écrit ce qui était important pour moi, et de hiérarchiser mes priorités dans la vie. Puis d’apprendre à vivre, à naviguer au gré des imprévus, le bonheur en ligne d’horizon.

Définir ses priorités… ou pas

En commençant le Happiness project, j’ai fait la même erreur que Gretchen Rubin, l’auteur du livre, lorsqu’elle s’est lancée (à la différence que moi, j’étais prévenue, je pensais même m’en être prémunie, au final, non…). Je me suis fixé des objectifs dans des domaines où j’aurais aimé mieux faire (parce que socialement, c’est bien perçu, parce que tous les gourous du bonheur disent qu’il faudrait faire ça ou ça) et qui ne correspondaient finalement pas à ma personnalité ou mes envies.

Par exemple, j’avais listé parmi mes top-priorités “booster ma vie sociale”. Sauf que très clairement, en semaine, je n’ai AUCUNE envie de sortir. Après le boulot, j’aime me retrouver chez moi. Créer mes patrons et me détendre en cousant. Ecrire sur le blog. Regarder une série. Tout le reste relève de l’effort. Je fais parfois quelques exceptions, c’est vrai. Mais je sais que j’avais inscrit cet “objectif” au programme parce que socialement, on pense qu’on est plus heureux en voyant plus de monde. Aujourd’hui pourtant, je suis bien consciente que ce n’est ni adapté à mon rythme, ni à ma personnalité, ni à mes besoins. Et que ce n’est pas en me forçant que je serais plus heureuse !

Une philosophie de vie plus globale

La première étape du “bilan” consistait à identifier ce qui me semblait vraiment important dans la vie, ainsi que ce qui me la pourrissait très clairement. J’avais mis un nombre assez dense de petites choses censéesaméliorer mon rapport aux évènements qui ternissaient mon quotidien. C’est très précisément cela que je garde en tête; mais de manière moins contraignante que les cases à cocher en fin de journée.

Car finalement, cette manière d’améliorer son rapport aux choses est une philosophie de vie plus globale, qui s’applique à tous les domaines : amour, travail, amis, comportement et attitude… Prendre du recul, accepter les contrariétés avec optimisme, ne pas ruminer, oser prendre la vie comme elle est, ne pas tout contrôler, lâcher prise…

Vivre les petits bonheurs qui se présentent au quotidien, au gré de la vie

L’inconvénient du Happiness project était aussi de séquencer les domaines d’action. En août, le couple, suivi de la vie pro en septembre ; en octobre, la vie sociale… Alors que dans les faits, la vie mélange tout et se passe sans qu’on ait grand chose à en redire 🙂 Il faut pourtant avancer, contrecarrer les petits désagréments du quotidien, se réjouir des petits bonheurs qu’il apporte. Cette planification du bonheur est finalement, pour moi, complètement à l’opposé du cheminement normal d’une vie.

En un mot, le happiness project était trop rigide.

Je l’ai officiellement arrêté, sans le prévoir.

J’ai fait ma vie, vécu de grands bonheurs depuis quelques mois, et l’ai délaissé, jour après jour. Quand on a loupé 3 jours de cases à cocher, on perd le rythme. Le Happiness project était un concept séduisant – après tout, chacun cherche à être heureux, mais il n’était pas pour moi.

Ces six derniers mois, j’ai lancé L’Atelier Some Place Called Home, développé mon activité freelance. Je me suis attaquée à ma peur de l’avion, j’ai programmé mes vacances d’été et de nombreux week-ends en amoureux. J’ai vu des copines parce que cela me faisait plaisir. J’ai créé, créé, créé, me suis exprimée.

Tout cela n’était pas écrit dans mon Projet bonheur. Pourtant, c’est ce qui me rend aujourd’hui HEUREUSE.

Quel est votre rapport au bonheur : plutôt du genre à planifier, ou vivre au jour le jour ?

À très vite,

Estelle

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5 Commentaires

  1. Cecile
    11 avril 2018 / 15 h 15 min

    C’est drôle tes articles m’avaient inspiré à me créer un Happiness project mais un peu à ma sauce : en début d’année j’avais listé 12 objectifs qui me permettraient d’améliorer mon quotidien et sur lesquels je voulais travailler, pas forcément un par mois, mais un petit peu tout le temps en fait. Relire ces objectifs de temps en temps me permet de me recentrer sur les choses importantes pour moi. J’ai tendance à m’éparpiller au quotidien, du coup j’aime bien avoir ma petite liste.
    Je suis d’accord avec toi, il faut connaître ses priorités et se recentrer sur ce qui nous rend vraiment heureuse, avec les aléas du quotidien 🙂
    Belle journée

  2. 11 avril 2018 / 19 h 28 min

    Je me rappelle quand tu as commencé le projet et que je suivais pour voir si je pourrais m’y tenir aussi. Je pense que je n’aurais pas tenu non plus !

  3. 12 avril 2018 / 10 h 39 min

    Je pense que j’aurais eu du mal à m’y tenir également, un peu comme pour le bullet journal et tous ces trucs qui demandent une rigueur quotidienne qui finit par nous éloigner de la vie, la vraie…

  4. 14 avril 2018 / 17 h 06 min

    En effet, quand la discipline même dans une démarche positive est trop contraignante, ça devient insupportable.

  5. 15 avril 2018 / 12 h 23 min

    Le concept est intéressant mais la pratique a effectivement l’air trop contraignante et pas vraiment adaptée à la vie quotidienne. Je trouve que c’est déjà bien que tu ais réussi à prendre du recul par rapport à ce projet et à comprendre ce qui était bon à prendre pour toi et ce qui ne fonctionnait pas.

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