Astuces (bienveillantes) pour limiter les craquages shopping

J’aurais aussi pu appeler ce billet “Confessions d’un ex-accro au shopping, où comment j’ai réussi à limiter ma consommation excessive de fringues” 🙂 MAIS, vous avez saisi le propos ! Dans la continuité du billet qui vous avait énormément plu, “Minimalisme, une collection capsule parfaite“, je vous propose un nouvel article pratique qui devrait vous aider à limiter les craquages shopping. Oui oui, vous savez, vos fameux “entre midi et deux” à scroller sur les e-shops… ou vos dimanches 10 heures désormais réservés au binge shopping (chouette cette terminologie, non ?) grâce à moult et moult marques qui ont bien compris que le dimanche était votre SEUL jour pépouze à la maison, votre CB sous le coude…

ATTENTION : les effets de cette lecture peuvent être irrémédiables. Un craquage markéto-calculé ? On ne vous la fera plus 😉 !

Pourquoi je craque ?

First thing first, j’ai envie de dire. Le “craquage shopping” a en fait un nom scientifique un peu moins glamour : l‘achat compulsif. C’est le même principe qu’avec la nourriture : on mange pour se remplir, pour combler… attention, SUSPENSE… un vide. Vide matériel, affectif, émotionnel. Bref, je mange donc je suis, je shoppe donc je suis. Ou comme dirait ce bon (pas si) vieux Jean-Jacques, “Je prie les choses et les choses m’ont pris, je prie les choses, elles comblent ma vie, c’est plus “je pense”, mais “j’ai” donc je suis“. La boucle est bouclée.

Comment savoir si je suis une acheteuse compulsive ?

Bien entendu, je ne prétends pas réaliser un diagnostic digne d’un praticien diplômé par la profession. N’EMPÊCHE QUE si 1. vous craquez souvent (genre une ou plusieurs fois par semaine), 2. ce craquage se fait dans l’urgence (un besoin qui vous semble digne d’une question de SURVIE), 3. si vous êtes à chaque fois incapable de ne pas craquer… Il y a fort à parier que vous ayez un profil de “serial shoppeuse”.

Identifier les causes d’un achat compulsif pour mieux les maitriser

C’est une règle qui est vraie dans les fringues comme dans la vie. Lorsqu’on a toutes les données en main, on est mieux à même de s’y préparer. Exemple : je regarde demain matin si le frigo est vide, je m’aperçois que oui, je passe faire les courses en rentrant du travail (j’ai même eu le temps de penser à une recette…) VS je fais l’autruche le matin pour m’apercevoir au moment de passer à table que mon frigo est vide. Si vous n’êtes pas dans une grande ville avec une supérette ouverte après 20 heures, il y a de fortes chances que vous ne puissiez pas survivre (la nana a le sens de la MESURE).

Dans les craquages compulsifs, c’est pareil : si vous êtes à même d’identifier une émotion ou un sentiment au moment où vous êtes sur le point de craquer, vous pouvez le questionner. Et éviter le pire (pour votre CB). Car la plupart des craquages sont associés au sentiment de frustration, de tristesse momentanée, de petite déprime passagère. Votre achat est poétiquement dit un “pansement pour l’âme“. Qui n’a jamais dit “Je m’achète ce top parce que j’en ai besoin, ma journée a été pourrie / je me sens pas belle / J’en ai marre de plus avoir un rond pour moi” ?

Mon conseil n°1 est donc d’IDENTIFIER ses émotions à l’aide d’une très simple question : “hey, Estelle, toi qui t’apprêtes à acheter ce superbe top à 70€ auquel tu ne pensais même pas ce matin, comment ÇA VA ?”

On parie combien que dans 9 cas sur 10, vous avez un petit coup de moue 🙂 ?

Quelques conseils pour limiter les craquages

Si vous réussissez toutefois à passer au travers du premier filtre, voici mes conseils suivants 🙂

Diffuser l’acte d’achat dans le temps

C’est mon SECOND super-conseil ! Ultra-utile pour pallier le caractère “urgence” de l’achat compulsif. Alors, oui, ça demande de la discipline, du courage, de la force mentale, tout ça tout ça. Les plus faibles se brûleront (ou se couperont) les doigts pour ne pas taper le code de la carte bleue, les autres cliqueront sur la petite croix rouge à gauche (ou à droite, team PC, vous êtes démasquée) de votre explorateur Internet.

Plus sérieusement, c’est vraiment LA chose qui m’a aidée à moins consommer. J’avais vraiment un souci avec l’urgence, comme si j’avais un besoin irrépressible de disposer d’un objet le plus rapidement possible. Avec des situations parfois complètement ubuesques : je me rendais à 13h01 sur un site de prêt-à-porter, à 13h25 le vêtement était dans mon panier, et j’étais souvent prête à choisir la livraison le jour J (coucou les 15€ de frais supplémentaires), voire la livraison par coursier.

À la limite, je me rendais compte que si je n’avais pas mon vêtement dans la journée, finalement, j’abandonnais mon achat. Il y avait bien quelque chose à creuser 🙂

Aujourd’hui, je diffère mes achats d’au moins 24h. Dernier succès en date ? Un gilet assez onéreux. Il est vraiment vraiment beau. Mais vraiment vraiment cher. J’ai envie d’aller le chercher tout de suite. Mais je vaincs : je me laisse 48h avant de passer à l’achat. Résultat ? Je n’ai pas craqué, même 48 heures après !

Contextualiser cet achat dans votre budget

Le tracas du budget est indissociable des craquages de la serial shoppeuse. À l’époque où j’achetais au moins trois fringues PAR SEMAINE, la pression sur mon budget mensuel était tellement forte qu’il m’arrivait de craquer, cette fois, en larmes. Plus j’achetais, plus je ressentais de frustration. Forcément, mon budget fringues prenait la place de tout le reste : nourriture, sorties entre amis, transports pour un week-end dans ma famille, etc, etc.

Voici mon TROISIÈME CONSEIL : si vous êtes prête à craquer, demandez vous quelle place prend cet achat dans votre budget. Autrement dit : si vous craquez pour ce top à 70€, qu’est-ce qui en pâtira ? Est-ce que ce deal vous convient ?

Plus on approche de l’été, et des vacances, plus je me pose cette question. Ok, je craque sur un top à 70€, mais n’ayant pas un salaire folichon, ça veut dire que c’est, par exemple, 70€ de moins alloué à mon budget vacances (ou aux impôts…).

Hiérarchiser l’importance de vos dépenses devrait aussi vous aider à raisonner vos achats compulsifs 🙂

Le respect de vos choix de consommation

Alors pour le coup, passer à une consommation plus éthique a été l’une des meilleures choses qui puisse arriver à mon budget ! Vu les prix, mécaniquement plus élevés, et grâce à la valeur que j’accorde désormais à chaque achat éthique, je consomme BIEN MOINS.

Avant chaque embryon d’achat compulsif, je coupe net : la marque est-elle éthique ou fait-elle preuve de choix plus responsables dans sa production (j’évoquais le dilemme ici et ici) ? À la lecture des étiquettes, est-ce que celles-ci me semblent correspondre à mes envies de matières durables et de fabrication plus locale (j’en parlais dans mon premier podcast) ?

En général, ce type de questions peuvent désamorcer le premier cri du coeur, cet effet “wahou” à la vue d’une jolie pièce certes, mais sans doute 100% polyester et made in un-pays-où-la-main-d-oeuvre-est-pas-chère.

Une pièce en accord avec votre palette de couleur et vos coupes de prédilection

L’idée est ici de voir si cet achat s’intègrera naturellement à votre garde-robe, où s’il faudra acheter de nouveau d’autres pièces avec lesquelles le porter… Et par là même de faire le point sur LA COUPE du vêtement : allez-vous vraiment la porter ? Est-ce un vêtement dans lequel vous vous sentirez bien ? Est-ce une coupe qui vous plaira ? Un vêtement que vous pourrez porter en toutes circonstances ?

Pour faire le point sur votre palette de couleurs et vos coupes fétiches, je vous invite à consulter le billet sur le dressing minimaliste parfait ici ! (très ludique avec plein de workbooks)

Vous pouvez pousser le raisonnement plus loin et interroger sur les défauts de ce vêtement. Objectivement, y a-t-il quelque chose en lui qui vous déplait ? Quelque chose que vous auriez vu autrement ? Emettez vous des réserves, sur la coupe, la couleur, la matière ?

Être moins perméable aux publicités (pourtant omniprésentes)

C’est un fait : la publicité est partout. Dans la rue, le métro, sur nos smartphones, dans les magazines. Même si vous mettiez des oeillères, arrêtiez Internet et restiez cloitrée chez vous, vous n’y échapperiez pas ! (bah oui, il y a encore les pubs par courrier !)

L’attitude que j’ai adopté vis-à-vis de la publicité est de systématiquement déconstruire l’argumentaire marketing. Questionner cette publicité, voir ce qu’elle cache. Alors, forcément, ça ne marche pas à tous les coups et il serait absolument mensonger de dire que je ne suis pas moi aussi influencée par toutes les campagnes look-books de mes sites internet fétiches (coucou les newsletters commerciales). Mais j’essaie de créer un filtre pour qu’elles aient moins d’emprise sur moi.

Alors, par exemple, quand je vois un post sponsorisé sur Instagram avec un joli vêtement dessus, je me demande : est-ce le vêtement que j’apprécie ? La photo dans son entier (atmosphère, style du mannequin…) ? Qu’est-ce qui fait que là, à cet instant T, j’ai envie d’acheter ce produit qu’on me montre.

Une petite fiche récap, ça vous dit ?

Parce que rien n’est trop beau pour vous, j’ai créé une petite fiche récapitulative avec les 6 questions que vous DEVEZ vous poser si vous souhaitez raisonner vos achats. Et vous sentir de nouveau libre, libre !

Pensez-vous être une acheteuse compulsive ? Avez-vous d’autres astuces pour consommer plus raisonnablement ?

Hâte d’avoir vos retours d’expérience 🙂

À très bientôt,

Estelle

 

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4 Commentaires

  1. 3 avril 2018 / 21 h 47 min

    La petite fiche fait du bien ! J’ai des périodes d’achat compulsif en effet, mais en ce moment, ça va. Je me plains pas, ça doit faire deux trois mois que j’en ai pas eues.

  2. 4 avril 2018 / 13 h 17 min

    Super article ! Moi j’ai commencé par aller vers l’occasion et à ne plus faire les magasins, voir même de ne plus passer devant une vitrine ! Aujourd’hui, lorsque j’ai besoin de qqch, j’arrive à ne pas craquer pour tout et n’importe quoi lorsque je suis en magasin. J’essayer d’être réfléchie. Je me pose aussi la question du budget et c’est très important. J’arrive désormais à économiser. Et Les post sponso sur Insta je ne les regarde même plus 😉

  3. Helene
    13 mai 2018 / 15 h 20 min

    Parfait la petite fiche ! Je l’ai photographié avec mon smartphone ainsi je l’aurai toujours sous la main au cas où !!!! Pas facile de décrocher de l’achat compulsif surtout quand on aime les belles choses 😉

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      24 mai 2018 / 9 h 17 min

      Hello Hélène !!
      J’espère qu’elle te sera de grande utilité 🙂 #teamcraquage
      À bientôt 🙂

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