Ce que nous disent les étiquettes de nos vêtements

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Décrypter les étiquettes de nos vêtements pour une mode plus durable // Blog-mode-ethique-some-place-called-home-estelle

 

Hello !

… Et bienvenue dans ce billet réflexion d’un nouveau genre puisque je lance… les PODCASTS Some Place Called Home ! Plutôt cool, non ?
J’ai toujours eu une appétence pour les formats audiovisuels : j’aime l’image, le son, mais je trouve que Youtube correspond finalement peu à l’ADN du blog. Les podcasts, en revanche, carrément ! C’est un format d’information que j’écoute de plus en plus. Je les trouve particulièrement reposants, détendants ET SURTOUT peu contraignants. On peut tout à fait écouter un podcast en faisant la cuisine, le ménage, en travaillant…

J’espère que ce premier épisode, consacré au décryptage des étiquettes de nos vêtements, vous plaira !
J’ai hâte d’avoir vos retours 🙂

 

 

Je ne sais pas vous, mais lorsque je flâne en magasin, je passe 50% de mon temps à décortiquer les étiquettes ! Car si celles-ci sont rarement attrayantes, du noir sur du blanc, ça n’a rien de très sexy, elles sont une mine d’informations pour qui cherche à adopter un mode de vie plus éthique. J’ai donc pensé à un billet décryptage très pratique qui devrait vous aider à y voir plus clair. Et ainsi comprendre ce que vous disent (ou ne vous disent pas) les étiquettes de vos vêtements !

Les matières

C’est en commençant la couture que je me suis vraiment intéressée aux tissus et aux matières, logiquement. Avant, je ne distinguais, par exemple, pas du tout le toucher d’un polyester de celui d’une viscose. Je ne pouvais pas non plus lister les matières durables de celles qui l’étaient beaucoup moins. Pourtant, ces informations s’avèrent capitales lorsque l’on passe à la mode éthique ! Cela permet aussi d’y voir plus clair dans les choix de production des marques, certifiées éthiques ou non. Pour justement faire ses achats en connaissance de cause.

Le choix des matières est vraiment une donnée fondamentale : l’industrie de la mode est la seconde plus polluante, juste après l’industrie du pétrole. Car la majorité des tissus utilisés sont énergivores : le coton, qui représente 40% de la production mondiale, mais aussi les tissus issus de la pétrochimie, comme le polyamide, le nylon, l’acrylique, et le polyester. Le coton, par exemple, est l’une des matières naturelles nécessitant le plus d’eau et d’irrigation pour se développer ; et nombre de producteurs ont recours aux pesticides, herbicides et engrais pour réduire les pertes. La culture du coton conventionnel est enfin l’une des plus inhumaine : pour cela, je vous invite vraiment à regarder ce reportage réalisé par France 2 pour Cash Investigation, “Coton : l’envers de nos t-shirts“, qui vous propose une immersion en Ouzbékistan, l’un des plus importants pays producteurs de coton. Travail forcé, travail des mineurs, conditions de travail déplorables… Depuis, je vois vraiment le coton sous un jour totalement différent !

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Les matières durables

Le lin bio

Le lin est une matière formidable, issue d’une plante qui ne requiert pas beaucoup d’eau ni d’irrigation. Il se prête parfaitement à des choix de fabrication plus responsables. Lorsque le lin est bio, sa culture est soumise à un encadrement très strict: semences de lin bio, rotation des cultures (après une saison, l’agriculture doit attendre 6 à 7 ans pour utiliser du lin sur la même parcelle)… De plus, le lin est un excellent thermorégulateur, anallergique, absorbant. Il est extrêmement résistant et son toucher (douceur) s’améliore au fil des lavages 🙂

Les fibres recyclées (polyester recyclé, chanvre bio)

…Parce qu’il s’agit là de donner une seconde vie à des matières déjà utilisées 🙂

Le tencel ou lyocell, dont je parle très souvent ici 

Le lyocell (le tencel est une marque déposée à base de lyocell) est un tissu issu de la cellulose d’eucalyptus (la pulpe du bois). L’eucalyptus croit très rapidement, et ne nécessite pas d’irrigation artificielle. Les arbres sont replantés au fur et à mesure de leur utilisation. Pour créer le tencel, l’industrie utilise un solvant non-toxique, récupéré (il ne reste pas dans le tissu) et recyclé : il n’y a donc aucune vapeur toxique de rejetée ! Oh, et le tencel est biodégradable 🙂

Le coton bio, la laine bio, la soie bio… 

Ces matières ont l’énorme avantage de ne pas avoir été pulvérisées par des pesticides. Leur production doit aussi répondre à un cahier des charges rigoureux. Pour le coton bio, il est moins gourmand en eau de 60% par rapport au coton conventionnel !

Le chanvre… 

C’est une matière écologique généralement utilisées pour les jeans (ou denim) bio. Issu d’une fibre naturelle et végétale peu consommatrice en eau, elle est la meilleur alternative aux jeans conventionnels, usés et délavés avant la vente… on n’imagine pas les produits utilisés, et leurs effets sur la santé…

Les matières les moins durables

Le polyester 

C’est un tissu synthétique artificiel issu de la pétrochimie. Le polyester est, pour utiliser une expression coup de poing, “100%” plastique 🙂 Il nécessite l’usage de pétrole (la première industrie la plus polluante), et d’un nombre assez incroyables de composants chimiques (notamment pour les teintures, les traitements pour dénuder le fil de polyester…), qui seront mécaniquement rejetés dans l’atmosphère, les sols, les milieux aquatiques…

Le coton conventionnel

Je l’ai évoqué en détail au début de l’article… Consommateur en eau, nécessitant une forte irrigation, avec des conditions humaines particulièrement dures et déplorables…

Quid de la viscose ?

Il est un peu plus compliqué de discerner le vrai du faux pour ces tissus. J’ai été assez scotchée de lire des choses complètement opposées, selon les sources. Une marque comme Somewhere, qui a a priori une fibre écologique assez marquée, parle de la viscose comme d’un tissu “élaboré à partir de ressources naturelles renouvelables (bois, bambou, graines ligneuses de coton)” : la viscose est, comme le tencel, issue de la cellulose du bois. Ce que Somewhere ne dit pas, mais que Manon (Happy New Green) rappelle dans son article, c’est que la cellulose de bois est ensuite transformée par un processus chimique, avec des composants comme le dudisulfure de carbone (son émission peut provoquer maux de tête, vomissements, douleurs musculaires, je vous laisse imaginer ceux qui travaillent à proximité, s’ils sont mal protégés). Sans compter les nombreuses teintures que l’on fait subir à la viscose pour la rendre plus fun dans le prêt-à-porter. Des marques comme EKYOG tentent de réduire drastiquement le recours à la viscose : je crois n’avoir vu qu’un ou deux modèle dans leur collection automne-hiver 2017.

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Transparence et traçabilité

Ou autrement dit : d’où viennent nos vêtements, et dans quelles conditions ceux-ci ont-ils été produits ? Pour toute personne s’intéressant à un mode de vie plus éthique, la traçabilité d’un vêtement est l’aspect le plus fondamental. Car cette traçabilité garantit une multitude de choses : déjà, que les tissus ne sont pas nocifs (c’est-à-dire que selon la provenance, on réduit le risque d’utilisation excessive de procédés chimiques dans la fabrication du vêtement, et donc de risques pour la peau), que les droits et la dignité des travailleurs ont été respectés, et, petit bonus, que la production s’est faite dans le respect de l’environnement.

Pourtant, la traçabilité de nos vêtements, via la transparence des marques ainsi que de tous les maillons de la chaine de production, est une donnée quelque peu… instable.

Des réalités différentes sous un même “made in”

D’une part, parce qu’il est très difficile aujourd’hui de regrouper une seule réalité sous un “made in China” (stéréotype : “ouh les vilains chinois, ils exploitent leur main d’oeuvre et utilisent des produits interdits par le monde entier“. Réalité : certaines usines en Chine sont devenues trop chères pour les multinationales car justement les conditions des travailleurs s’y sont nettement améliorées. Je ne dis pas que la Chine est le nouvel eldorado, loin de là. Pour plus d’informations, je vous invite vraiment à parcourir l’article de Happy New Green sur le made in China : elle y explique qu’effectivement le salaire minimum a énormément évolué (ce qui explique les délocalisations en masse vers le Bangladesh, notamment), mais qu’il ne permet pas de vivre correctement en Chine, où le niveau de vie augmente. Ce qui explique les heures supplémentaires illégales, le fait que certains ouvriers dorment encore dans les usines, etc etc.

Donc oui, méfiance avec la Chine. Mais pas totalement : certaines entreprises soumettent leurs ateliers chinois à des chartes strictes, avec contrôles réguliers. Pour en savoir plus sur le made in China, je vous recommande l’article de Bonne Gueule sur le sujet !

Des étiquettes pas tout à fait honnêtes…

D’autre part, parce que vos étiquettes peuvent tout à fait vendre du “made in France” alors que, dans les faits, 99% du vêtement a été fabriqué en Ouzbékistan, au Bangladesh, etc. C’est un peu le constat ultra-cynique qui ressort du fameux documentaire de Cash : on y voit une journaliste se faire passer pour une créatrice, discuter avec un molosse pas hyper commode, qui lui dit, “le made in France, on peut te le faire, même si c’est du coton Ouzbek“. “Ah ok.” On sent un peu le malaise.

En fait, le marquage du pays d’origine sur une étiquette n’est pas obligatoire : elle n’est pas imposée par l’Union Européenne. Quand les marques le mettent, c’est pour faire preuve de plus de transparence, ou juste pour mettre en avant une marque, et leur valeur ajoutée. Pour l’exemple du “made in France” par exemple, les marques peuvent y avoir recours si :

– la dernière transformation substantielle du produit a été réalisée en France. Le souci étant le flou sur ce mot “substantiel” : en français, on dirait qu’il s’agit d’une modification importante, conséquente. Dans les faits…

– 45% de la valeur ajoutée du vêtement a été réalisée en France (ici, reste à déterminer la valeur ajoutée…).

Alors oui, je comprends votre état d’esprit à cet instant : “on est mal barrés“. Ce n’est pas faux. En prenant le chemin d’un mode de vie durable, vous ferez désormais les choix qui vous semblent justes, avec l’information dont vous disposez. Je crois que c’est le mieux que l’on puisse faire aujourd’hui…

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J’espère que ce billet / podcast vous a plu !
J’ai hâte de vous retrouver pour le prochain 🙂

À très vite,
Estelle

 

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15 Commentaires

  1. 14 mars 2018 / 13 h 17 min

    J’ai écouté attentivement ton podcast, je l’ai trouvé, très intéressant, très fourni, dense et bien documenté, clair et ultra enrichissant. Bravo, c’est un très beau démarrage. Je suis sûre que tout le monde sera d’accord avec moi.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      16 mars 2018 / 11 h 57 min

      Merci beaucoup !
      J’ai eu de très bons retours jusqu’à maintenant, ça me motive à continuer 🙂

  2. 14 mars 2018 / 17 h 33 min

    Super ce format, comme toujours c’est une idée géniale Estelle 🙂 Et tu t’exprimes si bien que c’est très agréable à écouter ! Je te rejoins entièrement sur la diabolisation du Made in China, le problème n’est pas qu’on peut confier sa production à un petit atelier humain et respectueux des hommes comme de l’environnement, mais je pense surtout que quelque soit le pays, dès qu’il est loin, c’est le contrôle et le suivi qui est compliqué… A moins d’avoir une personne de l’équipe sur place qui s’assure que la production n’est pas sous-traitée etc etc… et dans ce cas, le Made in China peut être très bien aussi 😉

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      16 mars 2018 / 11 h 59 min

      Hello Marie !

      Merci pour ces compliments 🙂
      Exactement : plus c’est loin, moins tu sais ce qui se passe réellement au jour le jour dans l’atelier ! Ta solution semble être la bonne 🙂

      Belle journée !

  3. 14 mars 2018 / 21 h 56 min

    Bonsoir Estelle!
    J’ai adoré ton premier podcast, il est hyper intéressant et j’aime beaucoup t’écouter parler 🙂 Est ce que tu sais quelles marques utilisent déjà le lyocell? Je n’ai pas l’impression d’en avoir déjà vu. J’attends le prochain podcast avec impatience en tout cas 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      16 mars 2018 / 12 h 01 min

      Hello Aurélie !

      Ravie que ce premier podcast te plaise ! J’ai pas mal travaillé ma voix quand je travaillais comme journaliste TV, là, le style n’est pas le même alors je suis quand même contente que ce soit agréable !

      Concernant les marques qui utilisent le lyocell, il n’y en a pas encore énormément mais : EKYOG généralise l’utilisation de ce tissu dans ses collections ; j’en ai parfois vu chez Esprit (mais bon, après le reportage de Cash Investigation, je suis allée sur leur site pour voir que tout leur pseudo engagement se ramenait au fameux label BCI, qui est un écran de fumé, un label fait par les entreprises pour les entreprises)…

      Belle journée à toi 🙂

  4. Bilbao Tea
    14 mars 2018 / 22 h 39 min

    Je t’encourage à poursuivre ce nouveau format que j’ai trouvé super et très bien monté, très professionnel.
    Bonne continuation dans tes beaux projets.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      16 mars 2018 / 12 h 02 min

      Merci beaucoup 🙂
      Je dois me confesser : j’ai quelques années de métier comme journaliste TV à mon actif, qui explique le joli montage !

      Belle journée !

  5. 18 mars 2018 / 9 h 58 min

    Hello Estelle,
    Merci beaucoup pour la citation ! Et bravo pour ton podcast, très intéressant et pro 🙂 Hâte d’écouter les suivants 🙂
    Bises

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      26 mars 2018 / 12 h 05 min

      Hello Manon !
      Merci beaucoup 🙂
      Je te retourne le compliment sur ton blog que je trouve très intéressant !
      À bientôt,
      Estelle

  6. Alice
    21 mars 2018 / 15 h 06 min

    Wahoo 🙂 Bon je fais pas dans l’originalité mais j’ai adoré ton podcast, déjà ta voix est très très agréable et ta diction aussi, j’espère que tu en referas d’autres ! Et concernant le sujet, il m’intéresse énormément, malgré tout je ne connaissais pas cette réglementation sur le “Made in” … une raison de + pour être attentive lors de nos achats éthiques 🙂 Merci pour la clarté des infos données en tout cas. Vivement la suite 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      26 mars 2018 / 12 h 07 min

      Hello Alice !
      Merci pour ces compliments : je suis en train de chercher le sujet du prochain… en espérant qu’il soit aussi intéressant !
      À bientôt,
      Estelle

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