Sommes-nous prêts à payer nos vêtements au prix juste ?

 

DÉCIDÉMENT, dès que je parle un peu mode éthique avec mon entourage ou avec vous sur Instagram, je retombe toujours, en moins de cinq minutes, sur l’épineuse question du PRIX. Alors, en général, je me fais des noeuds au cerveau, à la recherche de LA solution, celle qui satisferait toutes les parties prenantes, côté consommateurs ET côté producteurs. Une sorte de win-win situation. Car si je comprends pourquoi un vêtement confectionné de façon durable coûte tel prix, je comprends aussi parfaitement le fait que ce prix-là représente un sacré budget pour le consommateur… Sans parvenir à réconcilier les deux. Aussi bien que, malgré moi, j’ose me poser ce qui semblerait être la solution de cette équation :

 

SOMMES-NOUS VRAIMENT PRÊTS À PAYER NOS VÊTEMENTS AU PRIX JUSTE ?

 

Le coût d’un vêtement: c’est quoi, le prix juste ?

Le prix juste, lorsque l’on parle de mode durable et responsable, est un prix qui garantit des conditions de travail et de rémunérations dignes pour les producteurs et travailleurs à chaque étape de la chaine de production et de commercialisation, ainsi que des processus de fabrication plus respectueux de l’environnement.

Les marques qui s’engagent à proposer des prix justes – ce qui n’est pas le cas d’un t-shirt proposé à 9,95 € dans une multi-nationale, ndlr – rémunèrent tous leurs prestataires de façon correcte. Bref, ce sont des marques qui n’exercent pas de pression à la baisse sur leurs coûts de production – baisse qui engendrerait mécaniquement une pression à la baisse sur les salaires des travailleurs.

De façon synthétique, ce prix juste recoupe :

  • les coûts de production (matières premières – tissus, fils…, salaires des personnes ayant travaillé à chaque stade de la fabrication, coût d’amortissement des machines servant à la fabrication, coûts de transports)
  • la marge, conséquente et fondamentale pour que l’entreprise soit rentable et qu’elle réinvestisse (coût du fonctionnement de l’entreprise, salaires des personnes travaillant pour l’entreprise ; le coût de la vente, selon que l’on passe par un distributeur ou que l’on paie le loyer d’une boutique, ou la conception d’un shop sur internet, les frais de communication…).

Une fois ces coûts fixés, la marque fixe un prix en prenant en compte le prix psychologique que le consommateur est censé être prêt à payer pour tel ou tel produit.

Pour les marques de mode éthique, tous les coûts de production sont mécaniquement plus élevés : matières premières, si elles sont certifiées, salaires plus hauts. Même s’il est vrai qu’une marque de mode éthique consacrera moins de budget à un volet “communication” (alors que ce coût peut représenter 30 à 40% du prix d’un basket conventionnelle !).

En mode durable, voici les tarifs moyens que j’ai observé, pour chaque famille de pièce. Bien entendu, ils diffèrent selon que la marque est bien implantée (type EKYOG, People Tree…) ou qu’il s’agit d’un petit créateur. Pas besoin d’être une lumière en économie : une marque assez étendue pourra obtenir de meilleurs rendements en produisant à plus grande échelle – baisse mécanique des coûts de production – que ne le pourra un petit créateur.

– T-shirt, débardeur : environ 50 euros
– Blouse, chemise : entre 50-90 euros
– Maille, tricot : autour de 100-130 euros
– Pantalon et jean : environ 115 euros
– Robe : entre 130 et 150 euros

Le pouvoir d’achat du consommateur

Alors forcément, à la vue des prix que je vous ai listé, vous vous dîtes, “ok, ça respecte les travailleurs et tout et tout, mais c’est complètement HORS-BUDGET !“. Franchement, je vous comprends : quand je claque 130 euros dans un pull et 115 pour le jean qui va avec, aussi beaux soient-ils, ça me fait mal au porte-monnaie. Du coup, je passe (souvent) le reste du mois à manger des pâtes à toutes les sauces – ou juste avec du sel et du poivre (j’exagère à peine), le midi en semaine, pour équilibrer. Ou j’essaie de diluer mes achats dans le temps, d’économiser, pour acheter une fois que j’ai réuni la somme.

Car si le prix est “juste”, c’est-à-dire qu’il vaut ce qu’il DOIT valoir… le problème viendrait du consommateur, qui n’est tout simplement plus prêt à payer ce que coûte un vêtement. Pourquoi ? Disons que la révolution du prêt-à-porter a porté ses fruits : persuader les consommateurs qu’un vêtement ne doit pas coûter plus de trente euros, qu’ils peuvent consommer sans frustration, bref. Avec la fast fashion, le consommateur a perdu tout sens de la valeur d’un vêtement.

Je crois que c’est d’ailleurs sur ces trois aspects fondamentaux qu’il faut le plus de travail et de pédagogie, lorsque l’on adopte une démarche vers une mode plus responsable :

prendre conscience du coût réel d’un vêtement, du fait que la vente de ce vêtement permet de faire vivre les personnes qui travaillent dessus,
apprendre la frustration de ne pas pouvoir consommer autant que lorsqu’on shoppe chez Z-a-r-a, être moins perméable aux campagnes de pub et promotions racoleuses,
– valoriser à nouveau le vêtement pour le transformer en achat qui représente quelque chose (un peu comme lorsque vous vous achetez un fauteuil, un appareil photo, une pâtisserie de chef, un livre de collection, etc.). Bref, re-sacraliser le vêtement.

On achète bien des iPhone, on paie bien des rendez-vous chez des médecins spécialistes à 80 euros la consultation. Si l’on s’en cantonne à la mode, il faudrait calculer, sur une année, l’argent dépensé chez Z-a-r-a, pour voir tout ce qu’on aurait pu s’acheter de façon plus responsable.

Je crois que tout est une question de choix… et aujourd’hui, l’éthique n’est pas encore un critère déterminant dans l’acte d’achat pour la plupart des consommateurs, comme l’est le prix. Le consommateur n’est tout simplement pas prêt. Prêt à consommer moins, mieux.

Quelques astuces pour toutefois commencer…

Au début, je croyais dur comme fer comme minimalisme et mode éthique pouvaient ne pas coexister. Que je pourrais continuer d’acheter, moyennant un budget conséquent, plusieurs pièces par mois. J’ai dû me rendre à l’évidence : c’est impossible. Plus j’avance vers la mode éthique, plus j’ai envie de minimalisme. Des pièces qui ont vraiment une valeur à mes yeux, que je pense porter et garder plusieurs années. Pour tout vous avouer, je n’en peux plus de mon dressing plein à craquer de pièces que je ne mets pratiquement plus. J’en ai aussi marre d’acheter, tout le temps – je vous en parlais d’ailleurs dans un précédent billet. Marre d’être une vache à lait. Marre d’être une pompe à fric. J’ai envie de souffler. De me reposer. De faire des choses qui ont du sens. Si vous nourrissez le même ras-le-bol, et que vous voulez traduire ça en consommant moins et mieux, voici quelques astuces :

Déterminez un budget fringues, par mois. Vous n’êtes bien entendu pas obligée de le liquider chaque mois, il peut être alloué à une “économie” pour un futur achat. Disons que vous mettez 50 euros par mois pour des fringues : le deuxième mois, vous pourrez vous acheter une blouse éthique de qualité, et qui vous plait vraiment. Comme l’achat n’aura pas été compulsif, mais réfléchi, vous y attacherez nécessairement plus de valeur.

Identifiez une motivation profonde dans le choix de passer à la mode éthique, et au minimalisme. Contre quoi vous dressez-vous ? Contre quoi votez-vous quand vous décidez de ne pas acheter chez H-&-M ou Z-a-r-a ? Protection de l’environnement, dignité des salariés… à chacun SA raison, SA motivation !

Lisez, regardez, documentez-vous : la mode durable est passionnante. Nourrissez-vous d’une mode qui n’est pas juste “physique”, sous la forme d’un vêtement ! La mode est tellement plus 🙂

Mettez-vous à la couture : d’une part, vous n’aurez plus envie d’acheter quoi que ce soit dans le commerce. Mais vous comprendrez le temps que prends la confection d’un vêtement, vous vous intéresserez davantage aux matières, à la qualité… Il faudra peut-être substituer votre budget “fringues” au budget “couture”, mais rythme de fabrication oblige, vous ne vivrez plus dans la fast fashion. Vous produirez à votre rythme, et chaque pièce sera une réussite gratifiante pour vous même !

– Pour les plus téméraires d’entre nous… demandez une augmentationbon, c’était pour détendre l’atmosphère après ce billet sans doute un peu moins drôle que les autres 🙂

 

Quel est votre rapport au prix d’un vêtement ?
Selon vous, les marques éthiques sont-elles trop chères ? Pourquoi, selon vous ?
Quelles sont les solutions pour qu’offre et demande se réconcilient enfin ?

 

Hâte d’échanger avec vous sur ce sujet passionnant,
À très vite,
Estelle

 

Pour aller plus loin…

 

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Est-on prêt à payer ses vêtements au prix juste ? Mode éthique // Blog-green-bio-éthique-mode-beaute-estelle-some-place-called-home

 

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20 Commentaires

  1. 17 janvier 2018 / 13 h 27 min

    tres bel article et surtout tres juste.
    C’est dur de faire bouger les mentalites, de faire comprendre au gens qui nous entourent cette demarche.
    En plus de la mode il y a aussi l’alimentation qui subit le meme sort du a notre societe de consommation.
    C’est pas simple tous les jours de refouler les pulsions Zara mais au final j’en tire de la fierte sur le long terme.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      18 janvier 2018 / 10 h 07 min

      Hello Chloé !

      Merci pour ton commentaire… Effectivement, on tire une sacré satisfaction à titre personnel de résister aux achats compulsifs chez Zara, et d’oeuvrer pour un monde meilleur 🙂

  2. 17 janvier 2018 / 23 h 51 min

    Hello,
    Bon vu que je n’ai pas réussi à poster sur instagram, je viens ici 😛
    Alors pour moi, il s’agit plus d’un problème de mentalité que de prix. Bien sûr, il y a des personnes pour qui même un tshirt H&M à 9€ est hors budget.
    Quand je vois des marques type Maje, Sandro, Sézanne, qui ne sont ni éthiques ni de bonnes qualités ( comprendre par là, l’utilisation très – trop – fréquente de matières bas de gamme, type polyester ) et qui se portent très bien, je me dis que réellement le problème n’est pas le prix.
    Au final, c’est plus une prise de conscience, se questionner sur ce que l’on achète. Un exemple tout bête, l’effondrement du Rana Plaza, ça a choqué la terre entière pendant 2 min et puis les gens sont passés à autre chose et sont retournés à la fast-fashion aussitôt ! Au même titre, qu’aujourd’hui, en tout cas en France, on nous parle assez souvent des conditions de travaille de ces femmes, de ces hommes et de ces ENFANTS qui font nos petits tshirts, que nous ne garderons qu’une seule saison.
    Ce qui est dommage, c’est qu’aujourd’hui, il y a une réelle offre de vêtements éthiques et, pour tous les goûts, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années.
    Le plus violent à mes yeux, c’est que ça pourrait changer. Les consommateurs oublient trop souvent que c’est eux qui ont le pouvoir, si demain, tout le monde décide de boycotter certaines marques ou certains produits, les enseignes seront obligés de changer leur façon de faire.
    Quand on y regarde de plus près, l’émergence des marques éthiques et écologiques, fait écho à une demande, ça part d’un “effet de mode” mais tant mieux, c’est quand même signe que les choses évoluent dans le bon sens ! Tout comme le bio, le rapport à la viande …
    Après, tu parles de la couture, et, je trouve le parallèle très intéressant, je couds moi-même et, effectivement, ça aide à prendre conscience du coût financier ( tissu, fil, bouton ) et du coût humain ( temps nécessaire ) que peut représenter un vêtement.

    En fait, réellement, c’est juste un choix, est-ce que je veux renouveler mon dressing à chaque saison, suivre toutes les tendances ou, est-ce que je suis heureuse en sélectionnant soigneusement certaines pièces, posséder moins mais avoir de belles matières, de belles coupes et avoir une démarche plus humaine ?

    Cela dit, je rêve personnellement, d’une vraie réaction vis à vis de l’utilisation du coton ( = un des plus gros polluant de notre planète ), aujourd’hui, il existe des alternatives naturelles qui ne demandent qu’à être exploitées, Mais, vu que le consommateur s’en fiche, les marques n’ont aucun intérêt à changer leur chaîne de production …. mais, je te l’accorde, on entre là dans un autre débat 😀

    Bonne soirée ( je croise les doigts pour que ce message s’envoie … bon en vrai, je viens de le copier, on ne sait jamais haha )

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      18 janvier 2018 / 10 h 11 min

      Hello Sophie !

      Je partage ton avis sur le prix, si l’on prend la catégorie de personnes qui font des craquages réguliers chez Sezane, mais pour lesquelles une marque éthique paraitrait trop chère 🙂

      Et également sur le pouvoir du consommateur : “acheter, c’est voter”. On l’oublie bien souvent. Si on décide de ne plus acheter tel type de produits, ils devront finir par s’aligner. Comme dans l’alimentation d’ailleurs. Les consommateurs ont acheté de plus en plus de bio, chaque grand distributeur s’y est mis petit à petit… qu’ATTENDONS-NOUS ?

      Le coton est un vrai sujet, j’en parlerai d’ailleurs peut-être ici (je viens de regarder le Cash Investigation sur le coton) : quelles sont tes matières naturelles alternatives préférées ? (pour une débutante en couture comme moi 😉 ?)

      Merci d’être passée sur le blog,
      Ravie d’avoir pu échanger,
      à très vite !

  3. 18 janvier 2018 / 8 h 05 min

    Super article, encore une fois, c’est super que tu partages tes réflexions sur le sujet. Je vais partager l’article.
    Juste une petite remarque : je pense que tu minimise vraiment les marges nécessaires à faire vivre une marque ou une entreprise de mode éthique, car pour être rentable, il faut compter le cout de fonctionne de l’entreprise, les salaires, le cout de la vente (soit via un distributeur, soit le loyer d’une boutique + salaire des vendeurs, soit le cout d’un site internet, beaucoup plus important que ce que l’on imagine) et le petit plus pour se développer et comme tu le dis, payer les collections suivantes. Même si dans l’éthique, en général, on essaye de ne pas s’en mettre plein les poches sur le dos du consommateur, le prix juste est malheureusement souvent au dessus du prix psychologique, même pour quelqu’un qui a conscience de ces choses et qui est prêt à mettre un certain prix pour des vêtements de qualité.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      18 janvier 2018 / 10 h 14 min

      Hello Émilie 🙂

      Merci pour l’apport de ton commentaire, j’ai un peu modifié mon billet en l’enrichissant 🙂
      J’ai cherché le pourcentage fabrication/marge, un sorte de ratio illustrant le prix juste, sans le trouver sur le net. Si tu as une moyenne, je serais ravie de l’intégrer !
      Merci,
      Belle journée 🙂

  4. 19 janvier 2018 / 13 h 14 min

    Merci pour cet article que j’ai partagé illico sur ma page Facebook ! En plein lancement de ma marque Le Mouton à Soie, vêtements en laine et soie bios et fabriqués en France, je suis au cœur du questionnement entre le prix auquel je devrais vendre mes vêtements pour assurer une marge correcte et celui auquel mes clients pourront/voudront l’acheter… c’est une équation quasi impossible ! Surtout qu’ici, même la matière première est vraiment très chère rien à voir avec le meilleur coton bio du monde ! Bref : MERCI ! (et je retourne me faire des nœuds 😉 )

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      23 janvier 2018 / 9 h 40 min

      Merci beaucoup Lisa pour le partage ! Je file découvrir ta marque, j’adore la soie.
      Mais effectivement, le modèle doit être assez difficile à trouver, il faut forcément faire un choix… bon courage pour tes noeuds !
      à bientôt 🙂

  5. mademoiselle B
    22 janvier 2018 / 11 h 24 min

    Bonjour!
    Et merci pour ce billet (un peu court, presque! ;-)) passionnant!
    Je trouve que cette question est essentielle… On peut la transposer dans tout… La nourriture… Trouve-t’on normal que les producteurs de lait ne vivent pas de leur travail alors qu’on est si nombreux à consommer des produits laitiers… Finalement, est-ce-que 4 yaourts coûtent réellement moins d’un euro…? On ne sait plus y répondre!!
    Et si on accepte d’acheter pas cher, on encourage ce système (c’est à dire, on économise à tous les niveaux, même sur “nous”…) Acheter local, se demander comment est-ce-possible de fabriquer un tee-shirt (ne serais-ce que la matière première ou le temps de fabrication!!) pour 9€ (et non, les gros volumes ne permettent pas à eux seuls d’expliquer des prix si bas…)
    Bref, je ne sais pas si je suis claire… Mais merci de lancer des pistes de réflexion sur ce sujet… C’est tellement important!!
    Belle journée!

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      23 janvier 2018 / 9 h 45 min

      Hello !

      Tout à fait d’accord avec ce que tu décris : je ne sais pas comment on en est arrivé à croire qu’effectivement, un t-shirt à 9 euros, ça existe. Ou que 4 yaourts pour un euro, ça existe… Tout ça en occultant totalement la misère humaine que cela crée !
      Ce n’est sans doute pas la meilleure référence, mais hier, dans L’Amour est dans le pré, ils présentaient un agriculteur de lait bio : “c’est la misère. Je fais ça par conviction, pas pour gagner de l’argent, le modèle économique ne fonctionne pas”. C’est assez triste, ce que les hypermarchés et la fast fashion ont fait à notre économie…

      Merci d’être passée échanger sur le sujet,
      À très vite,

  6. 28 janvier 2018 / 2 h 00 min

    Je trouve ton analyse très pertinente. Il y a quelques décennies de ça, on s’habillait pour l’année voire pour plusieurs années avec quelques vêtements, :mais robustes et d’excellente qualité. Je me souviens de l’éternel imperméable Burberry, qui durait plus de trente ans, qui se nettoyait ultra facilement et dont les boutons ne se décousaient presque jamais. Mon père qui venait à la base d’un milieu très pauvre et qui a fini par gagner généreusement sa vie a toujours dit : “Il faut avoir les moyens d’acheter pas cher.” : Ce qui signifie, accepter de faire un investissement lourd sur le moment mais de le voir se rentabiliser dans le temps jusqu’à s’apercevoir qu’au fond, en terme de durée, l’achat ne fût pas si cher que ça.

    Comme tu l’as très bien expliqué, la société de consommation nous amène à penser que varier, changer, zapper, n’est que la seule manière d’être heureux et de s’habiller avec plaisir. Or, prendre le temps de choisir, de réfléchir, à l’intérêt dans le temps de tel ou tel vêtement, va-t-il me satisfaire sur la durée ou est-ce que je risque de m’en lasser sont autant de questions qu’il est agréable de se poser et qui rendent un achat plus “valuable”.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      1 février 2018 / 18 h 23 min

      Je suis complètement d’accord avec toi : à l’époque de mes grands-parents (ma mamie était couturière), les femmes venaient faire deux jupes voire une jupe dans l’année ! Et ça suffisait. Le vêtement avait une valeur juste. Je regrette qu’on en arrive à la consommation de masse, surtout que je trouve que ça stresse énormément, c’est assez oppressant, quand on prend le temps d’y réfléchir un peu…
      Tes deux questions sont justement parfaites pour distinguer un achat utile d’un achat compulsif 🙂

  7. 30 janvier 2018 / 13 h 42 min

    Merci pour cet article que j’ai aussitôt partagé sur ma page. Cela me parle tellement, quel prix fixer quand on travaille de manière éthique et respectueuse de l’environnement mais que l’on doit aussi essayer de gagner sa vie et donc ne pas vendre à perte ou juste juste le prix qu’il faut? J’ai choisi d’essayer, je sais que les mentalités changent et que petit à petit les gens réfléchiront à l’impact de leurs achats.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      1 février 2018 / 18 h 28 min

      C’est un sacré dilemme, car les marques de la fast-fashion ne respectent pas du tout les “règles du jeu”, et proposent toujours des prix plus bas. Un pouvoir d’achat pas glorieux. J’espère qu’un jour les mentalités changeront, qu’on consommera moins, et mieux ! Bravo pour ton pari 🙂

  8. Alice
    1 février 2018 / 10 h 27 min

    [Labels Ethiques]
    Coucou !
    Voilà un sujet qui m’intéresse énormément 🙂 J’ai toujours détesté faire du shopping (déjà on est enfermé, on voit pas le ciel, on sent pas l’air frais, et en plus il y a plein de gens !), du coup le minimalisme de ma garde-robe a toujours été très naturel ! Et j’ai encore pris plaisir à la trier à l’occasion d’un déménagement, en suivant quelques conseils minimalistes du style “prendre un vêtement dans sa main et être attentif à ce qu’on ressent”, un vêtement qui nous fait ni chaud ni froid n’aurait peut-être pas dû être acheté et ferait bien d’avoir une 2ème vie …. ça amène à faire encore plus attention à ses achats futurs …..
    Maintenant que je me suis (moi aussi !) mise à la couture (petite parenthèse, je suis drôlement impressionnée par tout ce que tu as réussi à coudre depuis que tu t’y es mise), j’ai aussi envie d’avoir des matières premières qui soient éthiques. Malheureusement, autant les labels OEKO-tex et GOTS se trouvent assez facilement (au moins sur internet), autant je suis encore à la recherche de tissus qui soient faits dans le respect de l’ensemble des personnes qui y auront travaillé. En gros, que le coton soit BIO mais cultivé par des personnes payés moins d’1$ par jour dans des conditions très difficiles, ça me débecte à peu près autant que d’acheter un mètre de polyester. Loin de moi l’idée de mettre les deux au même niveau mais je suis vaccinée contre la pétrochimie depuis que j’y ai travaillé et j’essaye du coup de privilégier les fibres naturelles ou artificielles (viscose).
    En cherchant un peu, j’ai trouvé ce tableau qui récapitule les labels bio + éthiques :
    http://www.les-pieds-dans-la-toile.fr/wp-content/uploads/2010/03/bilan-labels-mode-ethique.jpg
    Le label WFTO semble intéressant, mais je ne l’ai encore jamais vu (et j’ai déjà peur du prix^^)…je vais continuer mes recherches !
    De façon générale, j’ai quand même l’impression qu’on est de plus en plus nombreux à privilégier la qualité à la quantité, même si ça fait un peu retour en arrière (bah oui Mémé n’avait pas 30 culottes dans sa commode, elle ! 😀 ). ça rejoint aussi ton Opération Bonheur 🙂 J’ai acheté le livre de Gretchen Rubin il y a quelques années mais je n’avais jamais pris le courage de me lancer dans une année entière de défi…lire tes articles ça me donne réellement envie de relire le livre et peut-être de me lancer par la suite. Parce qu’au final, on est sur le même principe qu’il faut essayer de se concentrer sur l’essentiel qu’on a la chance d’avoir, d’en prendre conscience et de l’optimiser.
    Voilà, j’aime beaucoup ton blog en tout cas, je le trouve vraiment pertinent et dans l’air du temps, avec de belles photos en prime 🙂 J’ai hâte de lire les prochains articles.
    Bonne continuation 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      1 février 2018 / 18 h 35 min

      Hello, et merci pour ce partage d’expérience, ainsi que les compliments sur mon blog : c’est ce genre de petits mots qui me donnent la motivation pour me surpasser !

      Je te rejoins sur la difficulté de trouver des tissus produits de manière responsable : j’ai vu ce documentaire sur le coton (Cash Investigation), et effectivement, c’est bien qu’il soit labellisé, mais ce serait encore mieux si vraiment les salaires des personnes étaient à des niveaux décents. Je t’avoue que le peu de tissus disponibles me décourage un peu parfois, je pense me tourner vers des sites américains qui auront peut-être plus de diversité. Car le chanvre et le lin, c’est sympa en été, mais quand même assez triste ^^ Je vais essayer de regarder du côté du Lyocell (ou tencel) pour les blouses, il parait que ça peut rendre bien !

      Ravie que mon Opération Bonheur te plaise : je ne peux que t’inviter à relire le livre de Gretchen, il avait propagé en moins une vague d’ondes positives 🙂

      À très bientôt,
      Estelle

  9. 5 mars 2018 / 22 h 52 min

    Je ne laisse pas souvent de commentaire mais je voudrais te féliciter pour Ce juste article et aussi pour tout ton blog que j’adore vraiment. Il respire la douceur et la bienveillance. Felicitations pour ce joli boulot et je te souhaite plein de réussite dans tes projets <3

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      7 mars 2018 / 11 h 41 min

      Merci beaucoup pour cet adorable commentaire ! Je suis ravie que mon blog te plaise, et je vais continuer de partager ces articles réflexion qui me passionnent 🙂
      Belle journée !

  10. Marie
    14 octobre 2018 / 19 h 40 min

    Je suis d’accord avec beaucoup de choses dans cet article, mais pas tout. En particulier, je ne vois pas en quoi on est une «pompe à fric» quand on se soumet de son plein gré aux prétendus diktats de la mode. C’est tout de même un choix. Quand ma mère était jeune, elle regardait les revues de mode et d’actualité et elle copiait (comme tout le monde à l’époque) les modèles portés par les dames riches et élégantes (Jackie Kennedy Onassis et autres). Un coupon de tissu, du savoir-faire, et la fierté de l’avoir fait soi-même. Sur-mesure, qui plus est. J’ai eu pendant quelques années une ligne de vêtements et d’accessoires de mode produits (entre autre au Ghana) pour une marque «équitable» aux États-Unis. L’idée d’équité de la marque et la réalité du terrain au Ghana étaient malheureusement très différentes (le client estimait qu’il était équitable de payer mes ouvrières CINQ fois moins que ce que j’avais convenu avec elles). L’étiquette «commerce équitable» est parfois (souvent?) un faire-valoir, un argument commercial et un piège à bonnes âmes.

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      15 octobre 2018 / 12 h 39 min

      Bonjour Marie,

      Il ne s’agit que de mon avis, mais dans chaque choix que j’opère, je n’arrive pas à nier l’influence que telle ou telle personne peut avoir sur ce choix. Par exemple, pour un micro-onde, je serais plus à même d’acheter un modèle qui m’a été chaudement recommandé par une amie, plutôt qu’un autre. Alors, entre consommer ou non, j’ai du mal à croire que les campagnes de marketing n’aient aucune influence sur moi. Alors oui, c’est un choix. Je décide de m’acheter quelque chose. Mais si je n’avais pas une pub toutes les heures me montrant des fringues qui font envie, je pense que ce serait beaucoup plus facile. Parfois, même souvent, cette pression à l’achat me fait effectivement me sentir comme une “vache à lait”.

      Nous sommes totalement d’accord sur l’équité d’une marque. On ne sait jamais vraiment comme cela est fait, bien malheureusement…! Certaines marques surfent dessus, et on ne peut faire notre choix qu’en fonction de ce que ces entreprises veulent bien nous dire… Ce qui est d’ailleurs la même chose avec le sourcing des tissus au mètre. Un vrai sujet…

      À bientôt,
      Estelle

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