Mode éthique : premier bilan, deux mois après

Bilan après deux mois de mode éthique : mes motivations, les limites / Blog mode lifestyle naturel-some place called home

 

Hello ! Je vous l’annonçais il y a tout juste deux mois sur le blog : las (déjà…) de tomber dans l’écueil de ne proposer sur Instagram que des posts à base de nouveaux vêtements, souvent achetés au rabais pour tenir le rythme d’une tenue par JOUR… j’ai fait le choix de mettre sur “pause” cette consommation mode effrénée, pour consommer moins et mieux. Déjà sensible au mode de production bio dans l’alimentation, j’ai décidé de tenter l’expérience de la mode éthique. Premier bilan, après deux mois de changement… radical !

Le défi : acheter moins…

Avec les années, le shopping est devenu une addiction, un peu comme le chocolat. Lorsque l’on prend un premier carré, difficile de s’arrêter… Lorsque j’achetais un haut, j’aimais énormément avoir le pantalon ou la jupe, voire le sac à main qui allaient avec. J’aime la mode, la nouveauté. Je suis la tendance. J’ai beaucoup de mal à porter les mêmes vêtements plus de dix fois. Je me lasse vite. Pour faire court : je n’ai pas DU TOUT le profil de la personne minimaliste.

Du moins, c’est ce que je pensais. Je crois que j’étais, avant le passage à la mode éthique, dans un cercle vicieux : celui où on veut toujours tout, celui où on ne s’arrête jamais pour penser, réfléchir. Se poser les bonnes questions comme : pourquoi ai-je ce besoin de consommer ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à porter mes vêtements plus de dix fois ?

Ces deux premiers mois de passage à la mode éthique ont été placés sous le signe de l’introspection, et m’ont donné quelques réponses… inattendues !

– Pourquoi ai-je ce besoin de consommer ? En dépit des nouveaux courants nous intimant à “ne pas exister à travers les choses“, je reste convaincue qu’on ne peut toujours pas, dans nos sociétés, minimiser le poids des choses dans notre manière d’exister aux yeux des autres. On peut se leurrer en se disant qu’on consomme pour soi, mais ce n’est à mon sens pas le seul dénominateur. On consomme pour renvoyer une image aux autres. À sa famille, ses amis, et plus largement les gens qui nous suivent sur les réseaux sociaux, ceux que l’on croise dans la rue ou en soirée. Lorsque j’investis dans un sèche-linge, j’envoie le signal à mes proches et mes amis que ça y est, “je passe à la vie d’adulte“, que “j’ai les moyens désormais de m’assumer seule“. Quand j’achète un sac de telle marque, j’envoie plusieurs messages : “je sais voir les belles choses“, “je suis une passionnée de mode“. Si je choisis une belle robe, cela peut envoyer le message : “regardez comme cette robe est belle, et à quel point j’ai envie que vous me trouviez belle dedans“. Ma consommation de vêtement était notamment liée à ce besoin de reconnaissance des autres : ils nourrissaient la confiance en moi dont je manquais cruellement. Comme dirait Jean-Jacques (HUGE FAN), “Les choses me donnent une identité.

– Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à porter mes vêtements plusieurs fois de suite ? Je crois qu’avec les années, j’ai perdu le sens de ce qu’est la “valeur” d’un vêtement. Ou alors, j’ai créé une corrélation entre la valeur dérisoire d’un vêtement, et celle qu’il devrait avoir une fois arrivé dans ma penderie. Lors de mes études à Bordeaux, j’ai eu une phase où j’aimais les belles choses : je ne me fournissais plus que chez Claudie Pierlot, Maje et Sandro. Forcément, il faut avoir un sacré budget shopping si on veut consommer beaucoup chez ces marques, ce dont je ne disposais pas. J’avais un budget correct. Alors j’achetais rarement, mais j’attachais beaucoup de valeur au vêtement. D’ailleurs, les pièces qu’il me reste aujourd’hui sont souvent des mailles Claudie, des blouses Maje ou des perfectos Sandro. Ceux qui ont survécu aux nombreux vide-dressing. Avec le blog, j’achetais souvent pour proposer toujours plus de contenu : j’ai donc baissé mes attentes… Zara était devenu mon fournisseur officiel, avec ses prix dérisoires. J’achetais un vêtement, et ne le portait plus. Il n’avait aucune valeur à mes yeux, alors, pourquoi le porter encore et encore ? Les coupes ne devaient pas me convaincre plus que ça, ni les matières d’ailleurs… Sauf quelques pépites très originales et confortables que je garde encore, mais elles se comptent sur les doigts d’une (SEULE) main… J’ai d’ailleurs pour ces pièces d’autres projets en tête : reporter le patron, pouvoir récupérer les coupes et les adapter aux matières que j’aurais choisies !

 

Bilan après deux mois de mode éthique : mes motivations, les limites / Blog mode lifestyle naturel-some place called home

 

L’acquis : plus de sens dans ma consommation…

C’est la valeur qui avait guidé mon choix de passer à la mode éthique (ici) : j’avais envie d’une consommation qui fasse “sens”. Que mes actes d’achats soient également des choix de vie. Des choix pour un monde plus juste, équilibré. Meilleur.

Je vous avais parlé du documentaire diffusé sur Netflix, “The True Cost”. Un documentaire qui nous permettait de toucher du doigt la dure réalité des employés des usines textiles en Asie. Aujourd’hui, je sais qu’en achetant “éthique”, je fais un effort pour que les conditions de travail de ces personnes soient dignes. Je fais le choix de payer un peu plus cher pour que ces personnes puissent avoir un salaire décent pour vivre. Que les conditions sanitaires dans ces usines sont moins nocives. Mes vêtements éthiques portent un message, une conviction. Ils défendent l’idée d’un monde un peu meilleur. C’est une sacré source de motivation à consommer mieux.

D’autre part, je crois que la couture m’a aidée à comprendre à quel point les prix pratiqués dans le prêt-à-porter n’étaient pas justes. Au début, je pensais qu’en me mettant à la couture, je paierai mes vêtements moins cher. Quand j’ai pris conscience du prix du tissu, des différentes fournitures, biais, boutons, dentelle, fil… et du temps passé pour une robe, je me suis vraiment demandée “Comment” ? Comment est-il possible de vendre un vêtement 15 euros ? Ou plutôt, dans quelles conditions doit-on produire pour proposer un vêtement à 15 euros ? Je sais qu’à ces niveaux de production, il y a des économies d’échelle… Mais à ce point… ?

Mais… quelques difficultés pour trouver tous les produits

Notamment… du rose ! Vous connaissez mon amour pour cette couleur 🙂 Et je dois vous avouer que j’ai eu beaucoup beaucoup BEAUCOUP de mal à trouver des mailles rose dans les magasins éthiques (de même que des blouses, t-shirts…). La seule que j’ai trouvé cette saison venait de chez EKYOG (le look est ici). Espérons que les collections printemps-été et automne-hiver 2018 soient plus fournies en rose poudré 🙂

Deuxième difficulté : les chaussures. J’ai toujours trouvé délicat de faire mon shopping chaussures en ligne. Je suis souvent entre deux tailles, donc j’ai vraiment besoin d’essayer. Pour le confort, aussi. Savoir si je perds la chaussure, si le talon n’est pas trop haut… Or, c’est un fait : il existe très peu de magasins éthiques ayant pignon sur rue (d’ailleurs, si vous en connaissez à Paris, je suis toute ouïe). Et comme je ne me vois pas acheter trois tailles pour les essayer à la maison (et donc avancer l’argent…) pour tout renvoyer ensuite… C’est donc un véritable obstacle : je n’ai pas trouvé de solution encore pour le contourner 😉

 

Le passage à la mode éthique : y avez-vous déjà pensé ?
Quelles sont vos motivations, vos limites ?

Hâte de vous lire,

À très vite,

Estelle

 

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Bilan après deux mois de mode éthique : mes motivations, les limites / Blog mode lifestyle naturel-some place called home

 

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20 Commentaires

  1. Katy
    20 décembre 2017 / 10 h 36 min

    Hello,
    Tu peux aller voir les magasins AlterMundi, il y en a plusieurs à Paris 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      21 décembre 2017 / 10 h 10 min

      Hello,
      Et merci pour l’adresse, je la note !
      à bientôt,

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      21 décembre 2017 / 10 h 11 min

      Hello Émilie,
      Je t’avoue que j’avais fait la recherche sur Dressing Responsable, mais je n’avais rien trouvé à mon goût. A part la maille rose, mais trop hors budget pour moi..
      En revanche, cela m’a permis de faire de belles découvertes niveau bijoux !
      Merci 🙂

  2. 20 décembre 2017 / 14 h 15 min

    J’avais aussi été marquée par le documentaire The true Cost mais pour le moment j’ai surtout réduit drastiquement mes achats, j’ai du m’acheter un tee-shirt en 2017 ! Par contre l’achat éthique est lui beaucoup plus dur à mettre en place les prix me rebutent beaucoup même si je sais qu’ils sont plus justes pour tout le monde !

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      21 décembre 2017 / 10 h 13 min

      Hello Aurore,
      Je comprends complètement, car acheter une fringue éthique est un vrai challenge pour le porte-monnaie. J’espère que les choses changeront…
      à bientôt,
      Estelle

  3. Anju
    20 décembre 2017 / 17 h 36 min

    Je diras La botte Gardianne à Paris, et certaines grandes marques de chaussures ont aussi des collections “made in France”.
    Je suis la même démarche que toi, et pas toujours facile de lier conviction et style..

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      21 décembre 2017 / 10 h 14 min

      Merci pour le bon plan, je le note 🙂
      J’avais vu “Jules & Jenn” pour les chaussures, mais il me semble qu’il n’y a qu’un e-shop… alors que les chaussures allient vraiment style et éthique. Je me laisserais peut-être tenter un jour 🙂 !

  4. Mathilde
    20 décembre 2017 / 18 h 06 min

    Pareil que toi j’ai changé radicalement de consommation depuis la même période que toi ! (sept-octobre). Depuis je m’en porte tellement mieux ! Je crois que c’est de voir des enfants bosser nuit et jour qui m’a fait un déclic, je me suis dit mon fils pourrait être l’un d’eux, je ne veux pas participer à ça !! Pour les marques éthiques en chaussures, il y a Bocage (made in France et boutiques existantes) il y a aussi Minuit sur terre (boutiques à Bordeaux et Orléans mais peut être quelques points de chute ailleurs).

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      21 décembre 2017 / 10 h 15 min

      Hello Mathilde !
      Je peux comprendre ce que tu as pu ressentir, je suis dans la même phase : “je ne veux pas participer à cela”.
      Je ne savais pas que Bocage était éthique, merci ! Je vais souvent à Bordeaux, j’essaierai de passer à Minuit sur terre 🙂
      Merci beaucoup pour ces bonnes adresses !
      À bientôt !

      • Mathilde
        21 décembre 2017 / 11 h 20 min

        pour Bocage, je sais que 25% des chaussures pour femme sont fabriquées en France… pour le reste il faudrait vérifier si c’est “éthique” ! pardon de n’avoir pas été très claire sur le sujet !

        • Someplacecalledhome
          Auteur
          21 décembre 2017 / 11 h 24 min

          Pas de soucis 🙂 je vais creuser ! Merci 😊

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      21 décembre 2017 / 10 h 18 min

      Hello Alicia,
      Je vais aller lire ton article 🙂
      Merci, et à bientôt,

  5. 21 décembre 2017 / 13 h 30 min

    J’aime beaucoup ton article, il est très vrai. Ce n’est pas une aventure facile, bon courage !

  6. 21 décembre 2017 / 13 h 55 min

    J’y ai pensé. Après, je ne suis pas une grande consommatrice de vêtements. J’ai des fringales de “nouveau” ça arrive. Mais je suis plutôt du genre à consommer beaucoup de livres ou de minéraux. 🙂

  7. 21 décembre 2017 / 20 h 19 min

    Je trouve ce post très intéressant ! Bravo d’avoir pris ce recul sur toi-même, ce n’est pas évident de confesser en public qu’on achète trop ou qu’on a juste voulu suivre un mouvement / une cadence.
    Si tu es parisienne, connais-tu les friperies Bis boutique ? J’adore y aller car ils sélectionnent les pièces méticuleusement. Emmaüs boutique fait la même chose, avec une ligne plus qualitative que les Emmaüs classiques. Bon, ça a les inconvénients de la seconde main, mais on y trouve des pépites !
    Je peux te demander d’où vient cette jolie à fleurs ?

  8. prettylittletruth
    22 décembre 2017 / 11 h 24 min

    Je suis en plein passage vers la mode ethique en ce moment et ce n’est pas toujours facile mais je suis contente de mes progres 🙂

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      1 janvier 2018 / 12 h 00 min

      Je crois que la satisfaction est dans chaque petit pas 🙂

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