L’argent influe-t-il sur le bonheur ? (#HappinessProject 4)

Dès juillet, lorsque j’ai lancé mon “Happiness Project”, le mois consacré à l’argent a été l’un de ceux que j’ai le plus attendu. Et pour cause, puisque depuis que je suis entrée dans la vie active – de surcroit à Paris – il file, il file… dès fois, je me demande si on n’est pas plusieurs à se servir de ma carte bleue ! L’argent me donne souvent la nausée, me stresse, me frustre, et laisse parfois en moi un réel sentiment de tristesse. Trois émotions , vous en conviendrez, qui sont bien loin du “Happiness Project”. Il fallait donc s’y atteler, et prendre le problème à bras le corps !

Le constat : des choses, des choses, des choses…

Je me souviens qu’étudiante, je me suis rarement posée la question de l’argent. Sans me donner trop, mes parents me permettaient d’avoir une qualité de vie assez confortable. Je vivais dans un deux-pièces à Bordeaux, je pouvais me gâter plusieurs fois par mois, en vêtements et en sorties, répondre aux besoins nutritionnels fondamentaux and co.

Puis, j’ai commencé à travailler… à Paris, où le prix du loyer sucre environ une moitié de salaire. Les responsabilités financières s’entassent : il faut maintenant mettre de côté pour les impôts, mais surtout prévoir pour les nombreuses tuiles qui arrivent : un électroménager qui rend l’âme, un déménagement et ce qu’il coûte en nouveaux achats… D’hypothétiques prochaines vacances… C’est simple, dès le 2 du mois, il me reste à peine un tiers de mon salaire.

Je l’avais évoqué dans un précédent billet : ce blog a aussi été un gouffre financier au début : j’avais beaucoup d’idées, beaucoup d’envies, et moi seule pour les financer. En débutant la rubrique “Mode” de mon blog, j’ai eu l’impression, en regardant les autres blogueuses, qu’il me fallait toujours quelque chose de nouveau. Ces derniers mois, j’en étais arrivée à une pression tellement forte sur mon porte-monnaie et mon moral que j’ai tout simplement décidé d’arrêter d’acheter. Je ne pouvais plus suivre le rythme d’Instagram : je n’en avais pas les moyens, et ça ne me ressemblait plus : j’achetais et revendais presqu’aussitôt, je n’accordais plus aucune valeur à mes possessions. J’étais fatiguée, frustrée, usée. Mon porte-monnaie hurlait. Il m’arrivait d’exploser en larmes parce que je n’avais rien de “neuf”, “plus d’argent”, “rien à poster”.

C’est à ce moment que je me suis dit qu’il fallait commencer à regarder un peu plus près mes dépenses. Améliorer mon rapport à l’argent. Très clairement, à part gagner au Loto, je ne m’attends pas à un doublement de mon salaire dans les prochaines années. Vivre dans ce marasme économique n’est plus tenable. Je devais apprendre à moins consommer, mieux consommer, bref. Commencer à gérer un budget et m’y tenir, vraiment.

Les objectifs

Mieux gérer mon budget : identifier mes dépenses superflues

Ce mois-ci, j’avais pour mission d’éplucher mes trois derniers relevés de compte pour identifier les dépenses superflues et récurrentes (souvent à peine identifiables, puisqu’il s’agit de faibles montants…). Et d’essayer de les réduire au fil du mois de novembre !

Réduire ma consommation de vêtements : maximum trois vêtements éthiques par mois, moins de pression sur mon portefeuille

J’ai scrupuleusement noté mes dépenses fixes sur un mois, et alloué un budget “fringues”… à ne surtout pas dépasser. Un seuil “acceptable”, c’est-à-dire qui me permette de continuer d’acheter des choses qui me plaisent (et me rendent vraiment heureuse), sans stresser mon portefeuille (ce qui pouvait me rendre profondément malheureuse). Ce budget correspond à deux-trois pièces éthiques maximum. Un véritable changement comparé aux mois précédents où je pouvais acheter une dizaine de pièces !

Apprendre à vivre selon mes moyens… et à vivre la frustration.

Je crois que depuis toute petite, j’ai un peu de mal avec la frustration. Je n’aime pas être face à quelque chose que je ne peux pas obtenir, le revers sans doute de mon manque de confiance en moi. J’ai envie de croire que je suis capable de tout réaliser. Ce comportement est clairement enfantin : vivre dans le “tout de suite maintenant“, ne pas prendre de recul avec ses envies, ses lubies. Ce mois-ci, j’ai mis en place une stratégie pour faire face : différer mes achats. Si j’ai envie de quelque chose, je patiente une journée, deux, voire une semaine, pour me poser la question : “veux-tu toujours cette chose ? N’est-ce pas un achat compulsif ?”. Si la réponse est “non, je n’ai plus tant envie de cette chose“, je n’achète plus. Cet objectif devrait me permettre de ne plus “subir” mes achats 🙂

Mon bilan… et mes astuces !

Mieux gérer mon budget

Bon… pour être totalement transparente avec vous, il y a encore un peu de chemin à faire. Je suis toujours juste en fin de mois, je n’ai pas réussi à comprimer au maximum mon budget “fringues éthiques”. Je sais que j’ai tant de budget, et je vais l’épuiser d’ici la fin du mois. Je n’ai pas dépensé moins que le budget alloué… mais peut-être un jour ?

Une chose m’a toutefois rassurée : lors de la phase où j’ai épluché mes relevés de compte des trois derniers mois, je n’ai pas remarqué de grosses dépenses superflues. En tout cas, pas qui allaient drastiquement changer ma situation. Je pensais honnêtement que je jetais un peu plus l’argent par les fenêtres… En fait, tout ce qui apparaissait sur mes relevés me semblait assez vital. Après, je suis consciente que je pourrais baisser le seuil de ce que j’alloue à la mode 🙂

Réduire ma consommation de vêtements

C’est sans doute sur ce sujet que j’ai fait le plus de progrès ! Ce n’était franchement pas gagné… J’ai vraiment dû me tenir à un budget fringues, savoir me dire non, faire des choix. Mais je peux vous affirmer que ça a été la décision la plus salvatrice de ce mois ! Mon récent passage à la mode éthique, et le fait que j’étais déjà sensibilisée au “consommer moins et mieux” m’ont sans doute permis d’y arriver sans trop d’efforts. Puis, ma consommation a fait sens, et cela m’a rendue très heureuse. Plus heureuse que d’avoir une penderie pleine à craquer de vêtements que je n’envisageais pas de porter plus de trois fois ! Je me suis aussi mise très sérieusement à la couture : je me couds mes propres vêtements, j’ai là aussi un budget “tissus”, et je ne vous dis pas le plaisir et le bonheur à chaque réalisation. Le Prêt à Porter n’est qu’un banal hors d’oeuvre à côté !

Apprendre à vivre selon mes moyens… et à vivre la frustration.

Sur ce point, je suis consciente que j’ai énormément de chemin à faire. Je rêve d’une vie que je ne peux, pour le moment, pas avoir. Donc la frustration est là, c’est un fait. Elle ne peut pas se résorber aussi rapidement. Mais j’ai avancé en essayant de mieux la gérer, cette frustration. Je pense que c’est une habitude à prendre, une nouvelle routine, un nouveau rythme de vie. Je ne désespère pas du tout d’y arriver d’ici quelques mois !

***

Ce mois-ci, j’ai réalisé à quel point l’argent pouvait influer sur mon humeur et, sur le long terme, mon bonheur. Même si on se persuade que “l’argent ne fait pas le bonheur”, il est indéniable que la vie est plus agréable et confortable avec des finances mieux gérées. En novembre, je n’ai pas eu de crises de larmes ou de crises d’angoisse liées au piètre état de mes finances… ce n’était pas gagné. Je suis donc plus que motivée à continuer sur cette voie, avec mes trois lignes directrices : limiter les dépenses superflues qu’on n’identifie pas facilement, consommer moins et mieux, accepter que l’on ne peut pas “tout” avoir… et qu’on peut très bien vivre sans 🙂

***

Quel est votre rapport à l’argent : celui-ci influe-t-il sur votre moral ?
Quelles sont vos astuces pour mieux gérer votre budget ?

Estelle

***

Le programme des prochains mois !

Décembre : HOME SWEET HOME

Parce que c’est le premier endroit où nous passons le plus de temps, parce que c’est le lieu où nous vivons, nous reposons, rions avec notre famille, parce que tout nous y est possible, permis, réalisable. Je veux être absolument heureuse chez moi !

Janvier : LA POSITIVE ATTITUDE

Je vous en parlais, même si je suis une personne très positive, j’ai la fâcheuse tendance à ruminer, m’angoisser, me mettre en colère, ne juger que sur les résultats, à me plonger parfois dans une profonde nostalgie. Ce mois risque d’être assez difficile, mais je lance le défi !

Février : MON RYTHME DE CROISIÈRE

On ne saurait louer assez l’importance du sommeil, d’avoir une bonne hygiène de vie, de se dépenser… Ce mois-ci devrait me donner un coup de boost instantané ! Je ferais bien de prévoir d’ores et déjà ma tenue pour mes séances Yoga !

Mars : GROW UP !

C’est sans doute la partie la plus difficile à avouer… malgré mes vingt-six printemps – ça fera 27 d’ici là… – j’ai encore une bonne palette de comportements assez enfantins. Je boude (un peu trop souvent), je râle, je souffle, j’ai une petite tendance à faire quelques caprices – juste pour voir à quel point on m’aime… BREF. En mars, j’entre dans l’âge adulte (enfin, pas trop, il ne faut pas oublier le FUN de la vie 🙂 ! )

Avril : LOOSE CONTROL

Vous le savez sans doute depuis le temps, mais je suis une vraie control freak. Je flippe dès que tout n’est pas sous mon commandement… ce qui peut poser quelques problèmes pratiques, par exemple, lorsque je prends l’avion ! Evidemment, cela m’angoisse au plus haut point parce que c’est quelque chose que je ne comprends pas malgré mes nombreuses lectures sur le sujet (comment un objet de X tonnes peut voler ?), et que je ne contrôle pas (quoi ? Je ne peux pas piloter l’avion moi-même…?). Je me rappelle pourtant avoir un jour voulu faire le tour des destinations paradisiaques, il y a de ça quelques années… 

Mai :  L’AVENIR

Appréhender l’avenir, la finitude, le temps qui passe sans me plonger dans une dépression momentanée... Difficile tâche, heureusement, Gretchen Rubin y consacre un chapitre entier… je piocherai volontiers dans ses astuces !

Juin : GRANDIR

Pousser toutes mes résolutions et mes envies pour l’avenir un cran plus loin. Ce que Gretchen appelle « atmosphere of growth » : car le processus, la croissance, sont aussi importants que le RÉSULTAT.

Juillet : SECRET

Ceux d’entre vous qui ont lu le livre de Gretchen devineront peut-être… mais pour le moment, je tiens à garder cette résolution très secrète ! Il s’agit d’un défi génial qui me tiendrait très à coeur, mais je ne vous en dis pas plus pour le moment… !

 

***  Stay Inspired : rejoins la newsletter ***
Partager:

8 Commentaires

  1. 12 décembre 2017 / 9 h 23 min

    Coucou !
    Je laisse ici mon premier commentaire malgré le fait que j’en te lis depuis très longtemps !
    J’adore tes articles axés sur le développement personnel, tu arrives à me remettre en question (par rapport à mes dépenses danse cet article) et ca fait du bien !
    Comme une petite question qui appuie au bon endroit pour mieux vivre !
    Je n’ose pas moi même poster aussi des articles de ce genre sur mon blog car pense que j’ai encore beaucoup à apprendre sur ce sujet mais c’est sur, un jour je le ferais ! Je prend beaucoup de plaisir à te lire !
    Passes une bonne journée 😘♥️

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      12 décembre 2017 / 12 h 10 min

      Bonjour Mélissa,

      Ravie alors de pouvoir échanger avec toi pour la première fois. Merci beaucoup pour ces compliments : je suis contente de voir que tu te retrouves dans ces billets que je prends beaucoup de plaisir à lire. J’ai encore des choses à apprendre, mais je suis persuadée que toute expérience est bonne à partager 🙂 Et suscite des réflexions…

      Belle journée !

  2. 12 décembre 2017 / 11 h 45 min

    Merci pour cet article ! Je m’y retrouve tellement. Comme toi je n’aime pas la frustration et je veux tout tout de suite, pourtant j’essaie de faire des efforts et le chemin est encore long. Et c’est vrai que moi aussi ça joue sur mon humeurs …je n’aime pas recevoir de SMS de ma banque ahah
    Bonne continuation à toi.

    Très belle journée

    Laurie

    http://onlylaurie.fr/

    • Someplacecalledhome
      Auteur
      12 décembre 2017 / 12 h 14 min

      Hello Laurie !

      Je peux comprendre, les SMS de la banque sont tellement anxiogènes… En plus, on les reçoit en double par mail ^^
      Je suppose que c’est un long apprentissage, un passage là encore dans le monde adulte et ses responsabilités 🙂
      Bon courage en tout cas, et à bientôt !
      Estelle

  3. 12 décembre 2017 / 14 h 26 min

    Chez moi aussi, l’argent est source de stress, de frustration. Je comprends ce que tu vis. Je vis à Paris aussi en plus. :/

  4. 12 décembre 2017 / 15 h 03 min

    Je pense qu’il y a une vraie nuance en fait entre se demander si avoir “encore plus d’argent” rend plus heureux, et se demander s’il n’y a vraiment aucun lien… Il suffit de regarder le nombre de foyers pauvres en France ou des films comme Moi Daniel Blake de Ken Loach pour constater que oui, l’argent est nécessaire pour ne pas vivre chaque jour dans l’angoisse. Pour avoir au moins ses besoins assurés, ceux de ses enfants. En revanche, ensuite, je comprends ce que tu veux dire, la gestion du budget peut être stressante et on peut se retrouver piégé par son argent parfois

  5. 13 décembre 2017 / 7 h 32 min

    Merci beaucoup pour cet article. J’aime beaucoup ta série d’article Happiness Project. Pour celui-ci, je me retrouve indirectement à travers tes mots. J’ai toujours fait très attention à mon argent, depuis toute petite, lorsque je recevais de l’argent à mon anniversaire par exemple, la première chose à laquelle je pensais c’était le mettre de côté pour plus tard. Aujourd’hui, à 22ans, je suis en dernière année et j’ai toujours cette relation un petit peu particulière avec l’argent. J’ai tendance à me refuser beaucoup de choses toujours dans le but d’économiser. Je me dis souvent que non, cet achat ne m’est pas indispensable, ne m’est pas utile et que j’aurais surement besoin de cet argent pour quelque chose de plus important. Je pèse mes mots, je ne suis pas au stade de tout me refuser et à vrai dire je ne suis pas vraiment frustrée puisque j’ai un mode de vie plutôt minimaliste et je n’aime pas accumuler les choses, donc ça me va plutôt bien. Mais c’est vrai que c’est parfois handicapant d’avoir cette relation avec l’argent, je suis incapable de faire un achat sans avoir l’avis et l’approbation de tout mon entourage, rien que pour une paire de chaussures, alors qu’est ce que ce sera lorsque ce sera pour une voiture ou un bien immobilier. J’essaie de travailler sur cette relation petit à petit, mais comme pour toi, ce n’est pas facile.
    A bientôt,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Instagram
1   130
28   493
22   458
23   511
14   445
24   558
145   1265
4   336