Se reconnecter à l’essentiel

Je ne savais pas si je souhaitais vraiment prendre la parole sur le sujet. Et en même temps, depuis cinq jours, je ne pense qu’à ça : le COVID-19, le confinement apparemment imminent… Même en essayant d’apporter de la douceur dans vos vies, avec mes contenus rose poudré, mes pitreries en stories, cette atmosphère anxiogène est omniprésente dans mon esprit.
J’ai la chance d’avoir cet espace de parole qui est le mien, ce blog que je chéris, ce blog qui, si on se rappelle bien, doit « raconter la vie », « dire le quotidien ». Ce qui m’a rassurée, c’est aussi que sur ce blog, seuls celles et ceux qui veulent me lire le feront. Je propose mais n’impose pas, à l’inverse des nombreuses stories Instagram qui se succèdent sur le même sujet. Je comprends que l’on partage son ressenti, ses émotions. Nous vivons tous des moments compliqués et trouvons des manières de ne faire nous sentir MIEUX.
Hier soir, c’était trop : j’ai éteint mon téléphone après trois minutes à regarder les stories Instagram. Elles ont provoqué une montée d’angoisse en moi. Le coeur qui bat, le ventre qui se serre, le besoin de faire mes exercices de cohésion cardiaque pour faire retomber la pression et trouver le sommeil.

Ce qui était certain, c’est que je n’avais pas envie de prendre la parole de la même manière que ce que je vois actuellement sur les réseaux sociaux. Je souhaitais simplement partager mon expérience et la vision que j’essaie de m’imposer, de projeter, pour ce confinement. 

1 – Je ne suis pas seule. Depuis quatre jours, je ressens de la gratitude d’avoir à mes côtés mon Amoureux, mon futur mari. Je me dis que tout ira bien, parce que nous sommes tous les deux. C’est fleur-bleue, mais c’est aussi la vérité : dans ce contexte compliqué, je ressens avant tout de la gratitude. Comme si j’avais trouvé l’ESSENTIEL. Et je suis persuadée que cette émotion conjurera quelque peu le sort que nous réserve le COVID-19.

J’espère sincèrement que vous avez à vos côtés quelqu’un, que ce soit un amoureux, un membre de votre famille, une amie proche. Personne ne devrait affronter le confinement seul (à l’heure où j’écris, ce n’est pas officiel, mais c’est le chemin que nous prenons). Et pour ceux qui sont seuls, n’hésitez pas à faire part de votre vulnérabilité à vos proches. Je sais que j’ai dans mon agenda quotidien pour mission de demander des nouvelles aux amis que je sais seuls pendant cette quarantaine.

2 – Cet état de confinement (qui devrait être annoncé / et si non imposé, conseillé) ne durera pas. C’est selon les experts la meilleure façon de juguler le virus RAPIDEMENT. Cela va être difficile, notamment pour ceux qui vivent dans des appartement avec de petites surfaces, qui n’ont pas de cour dans leur immeuble. Je mélange peut-être des choses très différentes, mais celles-ci m’aident à avancer, à relativiser : nous allons probablement rester confinés 2 ou 3 semaines. C’est long. On risque de tourner en rond. De s’ennuyer. D’avoir peur, parce que ce qui nous reliera au monde seront les chaînes d’information, en boucle sur le même sujet. Mais je relativise : mes grands-parents ont connu la guerre. Mon grand-père a fait le maquis, ma mamie a vécu la peur de voir entrer les soldats allemands chez elle (enfin, chez ses parents), puisqu’ils faisaient régulièrement des « rondes ». Elle nous l’a raconté. Aujourd’hui, nous devons rester chez nous. Je compare deux choses extrêmement différentes, mais ça m’aide à avancer. Peut-être que cela vous aidera aussi.

3 – Projets. J’ai admis que la vie allait s’arrêter pendant quelques semaines. Ce tourbillon que nous sommes si nombreux à vouloir voir s’arrêter parfois, le métro, boulot, dodo… nous allons vivre la « slow life » malgré nous. Je n’ai pas une liste d’activités longue comme le bras pour m’occuper. J’ai surtout envie de me concentrer sur le positif à venir, et sur mes proches (= mon chéri). Je vais prendre le temps de ranger notre appartement. Mais aussi prendre le temps de concevoir nos faire-part de mariage, enfin. Me décider sur ma coiffure. Finir la liste des invités. Pourquoi ne pas avancer sur le plan de table. Sur la liste « DO » and « DON’T » du DJ. Peut-être que je devrais partager ce bonheur en proposant à mes parents de travailler sur leur discours de mariage. Les faire partager le bonheur de cet évènement qui se tiendra en septembre (encore une fois, je sais à quel point nous sommes chanceux d’a priori pouvoir conserver la date de notre mariage).

Même sans mariage, vous avez sans doute des projets en cours : des travaux chez vous, des vacances d’été à préparer. Des réjouissances à organiser, comme des anniversaires. Même si c’est dans 3 mois, même si on est « largement » en avance. Me projeter m’aide à appréhender cette quarantaine de manière plus positive. Peut-être que vous aussi.

4 – Se reconnecter. J’ai parfois l’impression de traverser la vie en étant « en parallèle » des autres : j’ai tellement consacré d’énergie à mes deux boulots que j’en avais moins pour mon amoureux, mes proches. Je me dis que ce confinement me permettra de me reconnecter. D’écouter mieux. D’avoir plus de gestes tendres. D’être moins dans la routine. Je sais qu’on a souvent du mal à se l’avouer, mais on n’est pas des sur-hommes et des sur-femmes. Quand on travaille 10h par jour, pas facile d’avoir une oreille attentive. De mon côté, je m’écroule dans mon lit passé 21h30.

On peut aussi se reconnecter digitalement : je sais que je risque d’appeler mes parents tous les jours, mais je n’en ai pas honte. J’appellerai aussi mes grands-parents, car je sais qu’ils s’inquiètent. Pour eux, peut-être, sans doute pour nous tous, mes parents, mon frère, mon oncle et ma tante, mon cousin et sa chérie… Se soutenir en parlant de choses et d’autres. Tout pour changer de sujet. Le beau temps qui revient, le vêtement que vous venez de coudre, le gâteau au chocolat délicieux que vous avez cuisiné… la recette utilisée. Le sourire de vos enfants quand vous avez organisé un après-midi peinture qui s’est terminé les pieds dans le bac, puis à marcher sur des grandes feuilles A3. C’est un super souvenir que j’ai gardé d’une activité organisée par ma maman avec mon petit frère. On était trop heureux qu’on nous autorise à mettre les pieds dans la peinture (ouuuh c’est mal, mais finalement, ça part dans le bain!)

5 – L’économie. C’est une grande crainte, une vraie source d’inquiétude, tant comme citoyenne que cheffe de ma petite entreprise. En tant que citoyenne, car cette crise va nous coûter beaucoup et que cela va se ressentir sur notre pouvoir d’achat. Alors que l’on commençait à se relever de la crise de 2008, de nombreuses personnes vont à nouveau perdre leur emploi, car les entreprises seront trop touchées par cette « mise sur pause » de l’économie. Elles devront licencier. En tant que cheffe d’entreprise, pour le moment, je reste plutôt positive pour Apolline Patterns : si l’interruption des envois de patrons-pochette va clairement influer sur mes revenus, j’ai la chance de proposer les patrons au format PDF. Mon entreprise est jeune, je ne serais pas étouffée par les cotisations car je bénéficie encore de l’ACRE, qui réduit considérablement le pourcentage que je reverse à l’État sur mon chiffre d’affaires.

La santé d’Apolline Patterns n’est en rien comparable aux boutiques qui ont pignon sur rue, aux restaurateurs, aux marques et concepts indépendants qui se sont tellement donnés pour donner vie à leur rêve et nous permettre de consommer mieux en accord avec vos valeurs (circuits courts, écologie, mode durable…). Cela me donne espoir pour la suite. Et je compte mettre à profit cette « pause forcée » pour nourrir de nouveaux projets. Le regard toujours porté vers l’après. 

6 – Le manque de motivation. C’est ce que je ressens, car je n’arrive à me concentrer sur rien. À part sur le COVID-19, à l’image de ce billet qui lui est entièrement dédié. Soyons indulgents avec nous même. Vous n’avez pas envie de coudre ? Moi non plus. Vous vous dîtes que vous pourriez ranger vos placards mais ne le faites pas ? Moi non plus. Donnons-nous du temps. Du répit. De la bienveillance. L’envie reviendra. Nous sommes tous humains.

***

Ce billet est décousu, sans doute. Je l’ai écrit d’une traite. Je me suis juste relue pour éradiquer les fautes. Mais tel était son but : vous faire voir la lumière en pleine nuit.

Prenez soin de vous, que vos proches prennent soin d’eux. 

Je suis pour ma part persuadée que cette épreuve nous permettra de réfléchir à l’essentiel, de nous recentrer, et de retrouver le bon chemin, duquel nous nous sommes peut-être un peu trop écartés. Un chemin plus simple, moins complexe. Plus terre à terre et riche de SENS.

Belle soirée (qui, pour ma part, sera passée devant les portraits de l’Amour est dans le pré. Parce que l’amour c’est la VIE).

Estelle

Estelle
Estelle

Je suis Estelle, fondatrice du blog Some Place Called Home et créatrice des patrons de couture Apolline Patterns. La couture a été une vraie révélation et m’a permis de redonner un sens à ma vie. Plus qu’une activité créative, elle est aussi une manière d’appréhender la mode de manière différente : raisonnée, mais toujours tendance ! Bienvenue et belle découverte du blog !

Find me on: Instagram

Partagez cet article !

6 Commentaires

  1. 16 mars 2020 / 23 h 37 min

    (Re)Bonsoir Estelle, j’ai d’abord lu ta story sur insta puis ton post 😅☺. Merci pour ton partage ! Profitons de ce temps pour nous recentrer sur l’Essentiel et entrevoir un avenir différent… accompagnons-nous au mieux pendant que des hommes et des femmes se battent pour vaincre cet ennemi… il n’y a pas de honte à ressentir ses propres émotions… de quoi avons-nous peur (en dehors d’attraper ce CoViD-19 ?)… ? C’est pour se protéger et protéger son prochain… bon courage… et aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir le téléphone, internet, la télévision,… et de ne pas etre coupés du monde… courage…

    • Estelle
      Auteur
      25 mars 2020 / 11 h 32 min

      Hello Séverine,
      Je réponds un peu tardivement, mais je suis d’accord avec chacun de tes mots. Et comme tu le dis, nous avons aujourd’hui les moyens de toujours communiquer, et cela à tout âge !
      Courage à toi également,
      Estelle

  2. Josie44
    17 mars 2020 / 0 h 33 min

    Je viens de lire ton billet et je ressens tout comme toi. Pourtant je suis une mamie de 72 ans et après avoir eu un cancer du sein il y a 4 ans je suis optimiste dans le sens que si l’on suit bien toutes les consignes nous allons nous en sortir et se sentir encore plus forts après. Je suis privée de mes petits enfants que je garde le mercredi ma fille me manque et encore plus celle qui est au loin et que je vous peu mais c’est ainsi. Je vais me pousser à me remettre à la couture au tricot mais moi aussi depuis ce codiv-19 je ne pense qu’à cela. Pas envie de grand chose et pourtant plein de projets mais comme tu dis ça va revenir. On est tous sonné par la situation qui ne va pas être sans effets économiques après malheureusement. On va devoir subir mais le plus important reste la santé et l’amour que nous portons à nos proches

    • Estelle
      Auteur
      25 mars 2020 / 11 h 34 min

      Chère Josie,
      Merci d’avoir partagé votre expérience, ma maman a vaincu la même maladie, quand j’avais 10 ans. Je sais à quel point il peut-être compliqué de vivre cette période, je positive aussi en me disant que ça va passer, même si c’est long, et que les retrouvailles ne seront que plus belles. J’essaie d’appeler ma mamie plus souvent, mes parents aussi, car même si on ne se voit pas, il est important de prendre soin les uns des autres, de se rassurer, se dire que tout va bien.
      J’espère que ces premiers jours de confinement n’ont pas été trop durs, et je vous souhaite bon courage pour la suite ! Quand nous sortions de cette épreuve, ce sera le temps des fleurs !
      A bientôt,
      Estelle

  3. Simone MURZEAU
    21 mars 2020 / 10 h 17 min

    Bonjour Estelle
    Je suis une amie de tes parents et j’ai eu il y a deux jours une pensée pour toi qui démarre ton entreprise. Je me suis dit: « pas de chance, sa nouvelle collection si prometteuse risque d’être mise à mal ». J’avais oublié les patrons au format PDF…mais faut-il encore un stock de tissu à la maison. L’envie de coudre n’est pas au rendez-vous. Il faudra attendre, et çà semble si futile devant la gravité de la situation ! Et pourtant c’est le seul moyen de passer à autre chose : faire du scrap, coudre, jardiner, lire, faire de la musique, danser……Depuis quelques jours pour ne pas sombrer dans le marasme, je fais de la méditation à partit des vidéos de Christophe André que l’on trouve sur le net. On se reconnecte ici et maintenant à son corps et à son souffle. Apaisement garanti…
    Merci Estelle pour ta délicatesse et ton sens des autres. Ton message m’a fait du bien
    Simone

    • Estelle
      Auteur
      25 mars 2020 / 11 h 29 min

      Bonjour Simone,
      Merci beaucoup pour votre gentil message 🙂
      Heureusement, oui, il y a les PDF qui me permettent de mieux appréhender la période, du moins sans trop trop d’inquiétudes…
      Merci pour le conseil, j’ai fait un peu de méditation il y a quelques années. Je crois sincèrement que c’est une bonne philosophie : ici et maintenant.
      Très belle journée et à bientôt !
      Estelle

Répondre à Séverine Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

@Estelle_spch