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#ConsommationEclairée : la quinoa, histoire, production, écologie / Blog green lifestyle estelle some place called home

C’est la graine privilégiée des écolos (dont je fais totalement partie, je dis ça avec la plus grande bienveillance !) qui veulent manger healthy et apporter à leur organisme tout ce dont il a besoin. Le quinoa a connu un énorme boom il y a  quelques années : devenu tendance, on le décline aujourd’hui en salades composées, galettes, ou taboulés. À raison, car les propriétés nutritionnelles du quinoa en font vraiment un aliment de qualité. Focus sur le « Grain d’or des Andes » !

Les bienfaits du quinoa pour la santé

Les valeurs nutritionnelles

Les bienfaits du quinoa ne sont plus à démontrer ! Le quinoa contient une bonne dose de fibres (environ 7g pour 100g de graines) – qui ont notamment pour effet d’améliorer la digestion et de prévenir les maladies cardiovasculaires et le diabète, en normalisant les taux de cholestérol, glucose et insuline.

Le second atout du quinoa est son apport protéique, qui en fait un aliment de base parfait dans l’alimentation des végétariens : on y trouve environ 15% de protéines végétales, un record (25% en moyenne dans une viande rouge) ! Le quinoa est également riche en fer – même s’il s’agit du fer non hémique, donc moins bien absorbé par l’organisme. Mieux vaut le consommer en même temps que des aliments riches en vitamine C (je les liste ici).

Une « pseudo-céréale » garantie sans gluten

Le gluten est une protéine : on pourrait donc s’attendre à en trouver énormément dans le quinoa qui, rappelez-vous, contient 15% de protéines. Et bien non ! Le quinoa a un très faible pourcentage de « prolamines », une sorte de protéine, caractéristique des aliments sans gluten. Le « grain d’or des Andes » est une super alternative pour les personnes intolérantes au gluten et souffrant de maladie coéliaque. Vérifiez tout de même bien au dos des produits qu’il n’y a pas de traces de gluten, le quinoa peut-être transporté aux côtés de marchandises en contenant 😉

La production de quinoa face à l’essor de la demande étrangère : l’exemple de la Bolivie

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J’ai eu envie de m’intéresser à l’histoire de ceux qui cultivent le quinoa : notamment parce que c’est enrichissant, culturellement parlant, mais aussi parce qu’on en apprend beaucoup sur le système, ses évolutions, ses réussites, ses déboires…

Le grain d’or des Andes

Le quinoa a longtemps été l’élément de base de l’alimentation de la population bolivienne – un peu comme le riz en Chine. Mais l’évolution croissante de la demande de quinoa à l’étranger a drastiquement changé l’économie et le mode de vie bolivien – comme pour l’avocat au Mexique, dont je vous parlais ici.

Auparavant, les cultures boliviennes étaient gérées de manière communautaire : il y avait un équilibre entre les différentes productions et la façon de les redistribuer aux populations. Les prix étaient davantage nivelés entre les denrées alimentaires, qui devenaient accessibles à tous.

Lorsque le quinoa a commencé à devenir sacrément rentable, grâce à la hausse croissante de la demande étrangère, avec un pic en 2013, les gains engrangés par certains producteurs de quinoa (en 2013, la tonne de quinoa se vendait de 5 000 à 9 000 euros / une tonne de blé = 150 euros) ont quelque peu érodé ce système : les exploitants voulaient, à juste titre, leur part du gâteau. Imaginez que les revenus de certaines familles sont passés de 9 000 euros en 1998 à 13 400 euros en 2013 !

Aujourd’hui, 250 000 personnes vivent de la production de quinoa en Bolivie. Le système est devenu plus individualiste, ce qui crée inévitablement des tensions au sein de la population. 

Les modes de production agricoles ont également changé : beaucoup de producteurs produisent de manière intensive, et sous forme de monoculture. Il ne font plus que du quinoa : les sols ne sont jamais au repos, s’appauvrissent, s’érodent. Quant aux producteurs, ils deviennent entièrement dépendants de leur récolte et des prix auxquels le quinoa est revendu sur les marchés internationaux… Depuis le pic de 2013, les prix chutent d’années en années… 

Et la population ?

Après que les prix ont augmenté face à la forte demande étrangère, rendant le quinoa complètement inaccessible pour la majorité de la population bolivienne, aujourd’hui, les producteurs perdent dix centimes par kilo de quinoa produit. Les prix ne remontent plus depuis trois ans. Les producteurs sont endettés, et décident aujourd’hui de revenir à leur mode de production originel : se regrouper en associations pour maitriser leurs coûts de production… 

Le cas du Pérou : pesticides, en avant toutes !

En 2013, face au succès du quinoa bolivien, c’est le Pérou qui se lance dans la production de la graine d’or, voulant lui-aussi toucher sa part. Mais il faut savoir que le quinoa se cultive en haute-altitude, à plus de 3 000 mètres dans les montagnes boliviennes. Malheureusement, le Pérou ne dispose pas du même atout géographique que la Bolivie – qui elle s’étend sur plusieurs plateaux de très haute-altitude

Alors que le quinoa est cultivé au Pérou depuis des millénaires, il l’était uniquement dans la zone montagneuse du lac Titicaca. Pour palier cette inégalité géographique, le Pérou a alors usé de pesticides… beaucoup de pesticides… jusqu’à ce que les Etats-Unis renvoient plusieurs centaines de tonnes de quinoa du fait d’un taux trop élevé de résidus de pesticides pour la consommation humaine. La production s’est effondrée, les producteurs se sont endettés, et le pays passe vite à autre chose.

Reste que depuis le scandale du « quinoa chimique », la majorité des entreprises européennes et américaines font contrôler systématiquement leurs lots une seconde fois, de Bolivie comme du Pérou, même quand elles achètent certifié bio. Une bonne nouvelle pour nous !

Quelle est votre consommation de quinoa ? 
Étiez-vous au courant de son histoire ? Est-ce que ces focus vous intéressent et vous plaisent ?

 

Le prochain épisode de #ConsommationEclairée devrait vraisemblablement porter sur… le café !

À très bientôt,

Estelle

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10 Comments

  1. Hello Estelle !
    Merci pour ces articles « consommation éclairée », je les trouve vraiment hyper intéressants et complets. Je trouve cela vraiment essentiel de comprendre ce que l’on consomme. Pour ma part, le fait de manger sainement et d’avoir une bonne hygiène de vie compte pour moi, mais si je mange bio et local c’est avant tout pour des raisons économiques, sociales voire politiques. Et comme tu le prouves avec cet article, un produit, même excellent pour la santé, peut rapidement engendrer des effets néfastes dans d’autres domaines.
    Mais malheureusement, c’est toujours le même problème qui se répète. On veut consommer plus, plus rapidement et certains y voient alors l’occasion de s’enrichir et de piller les ressources d’une population !
    En tout cas merci pour ces informations !

    Une belle journée à toi
    Nastasia

    • Someplacecalledhome Reply

      Hello Nastasia,

      Merci pour ton mot, je suis ravie que cette série d’articles te plaise !
      Comme tu le dis, l’économie suit son court et n’a pas de morale… aujourd’hui toutefois les consciences s’éveillent… tout espoir est permis ! 😉

      Belle journée également,
      Estelle

  2. Bonjour :o) C’est pour toutes ces raisons très clairement expliquées dans l’article que je n’en achète plus venant de l’étranger, sans compter bien sur l’impact du transport des marchandises :o)
    Maintenant je prends celui d’Anjou en France, mais je n’en consomme pas très souvent je dois dire.
    Merci pour toutes ces précisions. Bonne semaine !

    • Someplacecalledhome Reply

      Merci pour ton petit mot : figure-toi que dans mon épicerie bio, je n’en trouve que venant de l’étranger ! J’ouvrirai un peu plus les yeux la prochaine fois afin de, peut-être, trouver celui venant d’Anjou en France ? Si cela peut contribuer à faire marcher notre économie et aider nos producteurs 😉

      À bientôt,
      Estelle

    • Someplacecalledhome Reply

      J’avoue ne pas en croiser souvent… je vais ouvrir un peu plus les yeux en faisant mes courses 😉
      À bientôt,
      Estelle

    • Someplacecalledhome Reply

      De rien ! Cette série d’articles me tient à coeur 🙂

  3. L’aspect éthique est intéressant car souvent laissé de côté pour vanter les bienfaits du quinoa (par contre il ne s’agit pas tout à fait d’un record, les azukis, le soja et le tempeh par exemple possèdent autant sinon davantage de protéines que la même quantité en viande rouge 😉 ). Le mieux si j’ai bien compris serait de le consommer bio ET équitable, il faudra que je vérifie sur le sachet (ou la bonbonne de vrac) la prochaine fois car bio c’est certain (on est passés au 100% bio il y a à peu près deux ans), équitable moins 😉

    • Someplacecalledhome Reply

      Oh merci pour cette précision, je vais le rajouter rapidement dans l’article 😉
      Nous aussi nous sommes passés au bio au même moment, mais pas toujours facile de marier l’équitable avec ! J’ouvrirai également davantage les yeux lorsque je m’en rachèterai !

      à bientôt,
      Estelle

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