C’est la question que je me suis posée – ou pour être exacte, qui s’est posée à moi – il y a bientôt deux ans, lorsque j’ai rencontré mon chéri. Lui, est passé au bio depuis des années. Ça m’avait beaucoup surprise au début de notre relation, puisqu’il consommait énormément de légumes, de saison qui plus est (j’ai découvert le panais, redécouvert les légumineuses), et il avait un discours qui correspondait à ce qu’il avait dans l’assiette. Non pas que je mangeais mal avant, je mangeais d’ailleurs très équilibré, mais je n’avais pas encore compris l’enjeu du bio pour notre santé, mais aussi pour notre économie.

Le bio, c’est quoi ?

Il y a bien eu des dizaines de documentaires sur cette question, mais on n’enfonce jamais assez de portes ouvertes (puisqu’elles sont ouvertes, vous saisissez ?). D’ailleurs, pour être parfaitement rigoureuse, je devrais écrire  « la » bio, et pas « le » bio, sous-entendons « l’agriculture biologique ».

La question (douloureuse) du prix

Beaucoup dénoncent les prix élevés du bio. J’étais moi-même convaincue de cela avant de comprendre que les façons différentes de consommer n’exigeaient pas un sacrifice énorme sur le budget alimentaire. Certes, si on fait ses courses au marché bio comme au supermarché, la note risque d’être salée. Mais en faisant le choix du bio, on fait aussi le choix d’une alimentation variée : exit le monopole de la viande au déjeuner ET au diner. Par exemple, à la maison, nous privilégions les céréales, les légumineuses (protéines végétales), légumes, parfois du fromage. Et, plus occasionnellement de la viande et du poisson (qui eux, font vraiment monter les prix). Nous n’avons pas de carence, nous sommes bien en forme, et nous nous plaisons à déguster des plats mijotés avec amour, et à deux !

C’EST DÉCIDÉ, JE PASSE AU BIO !

Bien sûr, le passage ne se fait pas naturellement. J’ai commencé il y a un an et demi, et je n’ai pas fini ma conversion à 100%. Je craque (parfois) sur du Nutella, je trouve que le saumon bio est quand même (souvent) trop cher pour mon porte-monnaie (et son poids !). Néanmoins, je suis sur la bonne voie, motivée par l’idée que j’évite à mon corps d’accumuler trop d’additifs toxiques qui se révèleraient nocifs pour le futur.

Les commandements du bio

  • Restructurer ton assiette, tu devras

Le bio, surtout si tu as encore des réticences avec le prix, te poussera à revoir un peu la structure de tes menus. Pour ma part, je mangeais souvent un poisson avec un féculent, ou alors des crudités l’été, une soupe le soir l’hiver avec du pain, etc. Quand je me suis mise au bio, avec mon chéri, j’ai surtout remarqué qu’il appliquait la trilogie (recommandée d’ailleurs par les nutritionnistes) : une protéine, un féculent, et des légumes. Voilà, vous avez votre combo.

Côté protéines, nous varions avec des oeufs, des lentilles (vertes, corail), des pois cassés, des haricots et, occasionnellement des poissons et des viandes. Pour les féculents, il y en a une pléthore, et vous les connaissez pour la plupart. Les légumes, quant à eux, m’amènent au second point…

  • Manger selon les saisons, tu apprendras

Les tomates en plein hiver, ce n’est pas très bio attitude. En hiver, on fond sur le panais, le navet, le céleri (bon, ok, celui-là, pas obligé), les différents choux, les clémentines, les poires, les kiwis. Il y a énormément de choix ! Personnellement, j’ai téléchargé un petit index (personne n’a la science infuse) qui me rappelle quels légumes et fruits sont de saison, ou non !

  • Les légumineuses, tu dompteras

Faire tremper tes lentilles corail 24 heures avant le repas, patienter 3 heures devant tes pois cassés, 1 heure devant tes frites de panais au four… Tout ça s’apprend, il faut s’armer de patience, et d’un peu de maitrise.

  • La viande et les poissons, tu diminueras

Option 1. Ça fait partie de la mentalité bio. Option 2. Je n’ai pas le porte-monnaie pour m’acheter 400g de saumon tous les deux jours. Je l’ai évoqué plus haut, les légumineuses et les oeufs sont des réservoirs à protéines. Mais ce n’est pas tout. Français, françaises, j’en appelle à votre identité culturelle… Les FROMAGES ! Certains fromages peuvent contenir jusqu’à 36 % de protéines. C’est le cas du parmesan. Les fromages à pâte pressée non cuite comptent 26 % de protéines, ceux à pâte molle environ 20 %.

  • D’imagination, tu sauras faire preuve

Fini le morceau de viande avec les féculents en duel dans l’assiette. Tous ces nouveaux aliments que tu vas découvrir ou redécouvrir vont à coup sûr piquer ta curiosité, et stimuler ton imagination et ta créativité. Ça a été le cas pour moi. Désormais, j’adore faire des « parmentiers » de légumes, des pizzas où la pâte n’est autre que de la polenta, des salades type « céréales du soleil ». Mon chéri est un as du curry (de légumes, de poulet, de poisson, de lentilles), il excelle dans les purées à toutes sortes d’aliments, dans les soupes, et la cuisson des légumineuses (qui lui est presqu’exclusivement réservée, il a du mérite !).

  • Manger du tofu, personne ne t’obligera !

Parce que je ne vois pas pourquoi on s’obligerait à manger un truc complètement artificiel – et surtout immangeable (je demande toute l’indulgence des mangeurs de tofu).

Mes motivations derrière l’alimentation bio

C’est sans doute plus la philosophie qui se dégage du bio qui a achevé de me convaincre :

  • L’idée de prendre soin de mon corps, et de celui de mes proches, à travers une alimentation saine – comprendre produite sainement.
  • L’idée de privilégier les circuits courts, et les productions françaises, puisque 76% du bio est « Made In France » ! Et donc alimenter notre économie, et surtout nos agriculteurs.
  • Faire le choix du bio a diversifié mon alimentation. Avant, je mangeais toujours les mêmes choses. Je me suis ouverte à d’autres aliments, à d’autres goûts, recettes, plaisirs.

Je ne retrouve pas mes produits du commerce général en rayon bio (le Nutella, vous savez) !

J’avoue, c’était ma plus grande crainte. Faire une croix sur toutes les douceurs de mon enfance. Kinder, Nutella, Savane’Bar. Oulah, ça s’annonçait difficile. Pour être totalement transparente, je n’ai pas tout à fait passé le cap. Il m’arrive, bien moins régulièrement qu’avant, de craquer pour ces biscuits chocolatés. Toutefois, comme pour les cosmétiques, les rayons bio s’enrichissent. Et quand on entre dans l’âge adulte (oui, oui), on se dit que le temps des Kinder est révolu… Mes meilleures marques alternatives pour les gâteaux sont Carrefour Bio et Bjorg. Il y a pas mal de choix, et ils sont assez réussis !

Quelques références pour imaginer vos futurs repas !

Quand je me lance dans une nouvelle tendance, j’aime savoir de quoi il en retourne, dans les détails. J’achète donc quelques ouvrages de référence pour m’informer, et faire mon choix. Voici donc quelques références si vous aussi, vous souhaitez vous lancer dans l’aventure bio !

  • Le livre qui vous éclaire sur les pratiques de la grande distributionVous êtes fous d’avaler ça de Christophe Brusset chez Flammarion. Un choc. J’ai dévoré le livre en une journée. Tellement écoeurée par les manoeuvres qui y sont décrites. En fait, ça m’a fait très peur. Dès que j’ai refermé le livre, j’ai fait (je vous assure) un grand ménage dans mon placard…
  • La référence « économique »: La bio, entre business et projet de société d’un collectif d’auteurs, aux éditions AGONE. Le livre est très intéressant si l’on s’intéresse aux dessous économiques de l’agriculture bio. Il a une approche globale, et s’intéresse notamment aux conditions de travail des petits producteurs, face aux mastodontes de la grande distribution.
  • Le guide très pratiqueLe manuel de la cuisine alternative de Gilles Daveau chez Actes Sud. Mon coup de coeur ! Ce manuel revient sur les bases d’une alimentation équilibrée, et donne des recettes-type que l’on peut réaliser avec des légumes, des féculents et des légumineuses, et des conseils pour les modeler avec tout plein d’aliments. C’est de là que vient la fameuse pizza base de polenta 🙂
  • Le livre de recettes100 plats végétariens en 5 ingrédients chez Marabout. J’ai toujours pas mal d’appréhensions avec les livres de recettes salées, qui en général demandent des dizaines d’ingrédients (souvent introuvables, notamment niveaux épices). On se retrouve la plupart du temps avec un banal jambon-pâtes – sans les épices. PAS ICI. Le principe est simple : 5 ingrédients, et des basiques. Une liste de courses. Des plats selon les configurations (entre amis, au boulot le midi, sur le pouce, etc), relativement faciles et surtout délicieux. Une grande source d’inspiration au quotidien !

Ce billet est assez long, pour celles et ceux qui seront arrivés au bout… êtes vous passés au bio ? Envisagez-vous de le faire ? Pourquoi ? Souhaiteriez-vous que je partage des recettes salées sur le blog ?

Au plaisir d’échanger,

XoXo

Estelle

 

PS : Ce post participe au défi Ecriture du groupe « Le Café des blogueuses » : je vous invite à aller sur trois blogs chouchou du moment : June Sixty Five, Trente ans ou presque et Sp4ank

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